Une plateforme pour les écrivains britanniques musulmans

par Shelina Zahra Janmohamed
22 juillet 2011
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Londres - Les musulmans britanniques ont soif de pouvoir écrire et d'être publiés.

Mais est-il indispensable de leur tenir la main pour le faire? Qu'est-ce qui les empêche de s'exprimer publiquement et de publier leurs expériences? Selon le grand entrepreneur James Caan, célèbre pour sa participation à l'émission Dragon’s Den, les musulmans doivent faire entendre leur voix pour de ”bonnes raisons”, alors que les médias ne parlent des musulmans le plus souvent qu'à propos d'incidents liés au terrorisme. Il faut donc beaucoup de talent pour percer et se faire remarquer et, plus généralement, pour infléchir l'information que les lecteurs et téléspectateurs peuvent trouver dans le domaine public.

“Cette difficulté, qui a toujours existé pour les auteurs issus des autres minorités ethniques, tend à s'estomper. Il faut en faire de même pour les écrivains musulmans”, dit Irfan Akram, directeur des Muslim Writers Awards (prix littéraire musulman). “Les musulmans veulent pouvoir s'exprimer et exprimer leur créativité. Et ils ont en eux le talent pour le faire”.

Les Muslim Writers Awards visent donc à les soutenir – et, au-delà du bruit de fond qui les parasite, à débusquer le talent authentique. Aujourd'hui dans leur cinquième année, les Muslim Writers Awards sont largement reconnus, par les auteurs et les professions du monde de l'édition, comme la plate-forme la plus estimée, la plus intéressante et la plus convaincante des auteurs musulmans de toutes générations. Irfan Akram affirme qu'il était important d'offrir aux musulmans des pistes à suivre pour qu'ils puissent s'exprimer et trouver leur place dans l'espace public.

Pour Irfan Akram, le prix littéraire musulman vise “à encourager le talent, à le signaler à l'attention du public, puis à le célébrer. Nous voulons que les écrivains musulmans prennent confiance en leur talent et qu'ils parviennent à proposer une plateforme pour transmettre leurs expériences et leur créativité par le pouvoir de la plume”. Ce qu'exprime parfaitement la devise lapidaire: “Partagez votre récit, unissez-vous, il est temps, écrivez!!”

Le programme des Muslim Awards change tous les ans. Cette année, les œuvres - qui doivent être remises avant le 31 juillet - doivent entrer dans une des sept catégories suivantes: romans, nouvelles, poésie, littérature enfantine, scénarios, blogs et articles de journaux. Les lauréats verront leurs œuvres publiées dans une anthologie et des extraits de l'œuvre gagnante seront publiés sur le site du Muslim Writers Awards. Les gagnants seront également placés dans des ateliers d'écriture et mis en partenariat avec des éditeurs ou des auteurs consacrés qui les suivront pendant l'année.

L'an dernier, une nouvelle cérémonie a été inaugurée: le prix des jeunes écrivains musulmans (Young Muslim Writers Awards). Il s'agit de faire sortir de l'ombre les auteurs de moins de 16 ans. Et ça marche: la lauréate de la catégorie des 14 à 16 ans de l'an dernier, Mina Bint Muhammad, vient de publier son premier roman, See Red (Voir rouge), (Urbantopia Books, 2011), histoire d'une petite musulmane qui se fait renvoyer de son internat islamique et qui doit s'adapter aux filles de sa nouvelle école à Newham.

Les Muslim Awards sont associés à la célèbre maison d'édition Penguin et à Puffin Books, le spécialiste de la littérature enfantine.

Les musulmans britanniques se méfient du monde de l'édition. La société en général considère la profession d'écrivain comme un métier à risque. Ceci, ajouté au fait qu'il leur faut lutter pour contrecarrer l'image négative du musulman propagée par les médias, explique facilement pourquoi ils hésitent à faire leur propre publicité. Le prix musulman fait tomber ces barrières pour les remplacer par des passerelles.

Le Muslim Writers Awards fait aussi éclore de nouveaux talents grâce à des ateliers, à des séminaires et des forums de discussion auxquels participent tous les ans des milliers d'écrivains venus de tout le pays. Ils se tiennent un peu partout, depuis les petites écoles ou bibliothèques de village jusqu'à la Foire aux livres de Londres, moment incontournable du calendrier mondial de l'édition.

Le prix musulman a bonne presse. Gordon Brown, ancien Premier ministre du Royaume-Uni, a exprimé son admiration pour ce prix, qui vise à “favoriser la compréhension entre les citoyens du Royaume-Uni” en encourageant les talents littéraires des musulmans. BookTrust, une organisation bénévole britannique qui a pour but de favoriser l'amour des livres dans toutes les catégories de population, de toutes origines et de tous âges, a félicité ce prix qui “donne une image forte et positive de la communauté musulmane et qui diffuse la fierté de la littérature et des écrivains musulmans”.

Pour une communauté, la communication peut vraiment commencer lorsqu'elle sait se faire entendre, lorsqu'elle est fière de son talent et de sa capacité d'expression dans la société.

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* Shelina Zahra Janmohamed, auteur de Love in A Headscarf (l'Amour en hidjab), blogue sur www.spirit21.co.uk. Pour plus d'information sur les Muslim Writers Awards, aller sur muslimwritersawards.org.uk. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 19 juillet 2011, www.commongroundnews
Reproduction autorisée.
 
 
 
 
VIDEO DE LA SEMAINE
Advice from El-Hibri Peace Education Prize Winner

Dans ce clip vidéo, le Dr. Betty Reardon - dont le travail en matière d’éducation à la paix a été récompensé par le prestigieux « El-Hibri Peace Education Prize » – et son amie et consœur Cora Weiss, présidente de l’organisation Hague Appeal for Peace expliquent pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews) la façon dont les citoyens ordinaires pourraient  favoriser un climat pacifique. Elles dispensent aussi quelques conseils à la future génération d’artisans de la paix.
 
 
 
 
"Il n'est pas fr?quent de trouver un service proposant des points de vue impartiaux et encourageant la r?conciliation, la compr?hension et la coexistence au Moyen-Orient. Le Service de Presse de Common Ground assure tout cela de mani?re suivie. Surtout, il fournit cet ?l?ment aussi intangible qu'essentiel, l'espoir d'un avenir meilleur pour toute les populations du Moyen-Orient."

- Ziad Asali, pr?sident de l'American Task Force on Palestine
 
 
 

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