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Rapporter les leçons du hadj chez soi
par Kalsoom Lakhani
10 décembre 2009

Washington – Bien que le hadj soit une expérience strictement réservée aux musulmans, beaucoup de hadjis trouvent qu'il influe sur la façon dont ils considèrent eux aussi les relations interreligieuses. Dans ''Estimating the Impact of the Hajj: Religion and Tolerance in Islam's Global Gathering'', une étude menée en 2008 par le Weatherhead Center of International Affairs de l'université Harvard sur les pèlerinages des Pakistanais, les auteurs ont trouvé que l'accomplissement du hadj ''accroît, chez les pèlerins, le désir de paix et de tolérance envers les autres'' (qu'ils soient musulmans ou non-musulmans). L'étude a comparé les candidats chanceux et malchanceux lors d'une loterie à laquelle le Pakistan a eu recours pour attribuer des visas pour le hadj et les comptes-rendus personnels des pèlerins.

Débutant le 25 novembre dernier, jusqu'à trois millions de musulmans venus du monde entier se sont rassemblés pour célébrer le hadj, le pèlerinage annuel à la Mecque. Le voyage est le cinquième pilier de l'islam. Tous les musulmans dont les capacités physiques et les moyens financiers le permettent doivent accomplir le voyage à la Mecque au moins une fois dans leur vie.

Le hadj est le voyage d'une personne, au sein d'un collectif, sans celui-ci, au beau milieu de celui-ci. Il s'agit de sacrifier les plaisirs humains pour atteindre une plus grande intimité spirituelle avec Dieu et créer un lien étroit avec ses semblables.

La pureté et la paix sont au centre du pèlerinage. Selon Mosharraf Zaidi, journaliste pakistanais au quotidien anglophone The News qui a accompli le hadj l'année dernière, l'ihram a été un moment captivant de son voyage. L'ihram est à la fois un état de pureté mentale et physique qui se traduit, dans l'apparence, par le port de vêtements spécifiques blancs. ''Dans l'ihram, vous ne pouvez pas vous mettre en colère ou faire quoi que ce soit qui perturbe votre propre tranquillité ou celle de toute autre personne autour de vous'' précise-t-il.

Tous les musulmans doivent porter la même tenue pour entrer dans cet état: deux pièces de tissu uni, sans couture. Quant aux musulmanes, elles doivent s'habiller modestement, couvrir leur corps et leur tête mais garder leur visage découvert. La tenue traduit l'égalité entre les pèlerins devant Dieu, éliminant les différences de classe sociale, de secte, d'appartenance ethnique et de nationalité, des préjugés qui obscurcissent trop souvent notre jugement dans le monde hors du hadj.

''Le hadj est probablement le plus puissant égalisateur auquel j'aie jamais participé, affirme Shirin Elkoshairi, une consultante américano-égyptienne installée en Virginie, qui a accompli le hadj en 2004. Le hadj, précise-t-elle, a profondément gravé en moi un sentiment d'appartenance à plusieurs ethnies, nationalités, langues, cultures et expériences différentes.''

Ce sentiment de clarté et d'unité spirituelles conduit au point culminant du hadj, connu comme le jour d'Arafat. A l'aube de ce jour, les musulmans se rendent au Mont Arafat où le prophète Mahomet a prononcé son sermon d'adieu, il y a quelque 1400 ans, et où il est dit que tout le monde se rassemblera lors du jugement dernier. Au cours du sermon, il a souligné l'importance de la tolérance et de l'unité, déclarant : ''Tous les hommes descendent d'Adam et d'Eve, un Arabe n'a aucune supériorité sur un non Arabe pas plus qu'un non Arabe n'a de supériorité sur un Arabe sauf s'il fait preuve de piété et accomplit de bonnes actions. Apprenez que chaque musulman est un frère pour tous les autres musulmans et que les musulmans forment une seule confrérie.''

C'est dans cet esprit que les pèlerins musulmans se rassemblent ce jour-là pour prier et chercher le repentir. Pour beaucoup, c'est l'expérience la plus mortifiante et purifiante qu'ils aient vécue.

Pendant le hadj, la clarté spirituelle est une expérience individuelle, mais elle se retrouve aussi dans le voyage de tous les pèlerins, une réflexion qui montre comment les idées de responsabilité, de tolérance et d'humilité personnelles sont les qualités universelles de l'islam. Souvent, toutefois, bon nombre de ces leçons peuvent être oubliées une fois que l'ihram n'est plus présent et que les pèlerins ont repris leur vie de tous les jours, comme l'ont constaté certains, de retour chez eux.

Dans un monde accablé par la violence et l'intolérance, il est important de tirer parti des leçons du hadj pour aborder ces questions et encourager un plus grand respect mutuel parmi les musulmans et entre musulmans et non-musulmans. Les réseaux de hadjis devraient être développés pour soutenir le sentiment de tolérance et d'égalité généré par le pèlerinage, en particulier à la lumière de l'étude mentionnée plus haut qui estime que les pèlerins sont plus susceptibles (22% en plus) de considérer les personnes de confessions différentes comme leurs semblables. Les hadjis devraient également participer à l'éducation de ceux qui n'ont pas fait partie du voyage et jouer le rôle de leaders au sein de leur propre communauté, rapportant ainsi chez eux les leçons de leur voyage.

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*Kalsoom Lakhani est directrice de Social Vision, la branche de philanthropie stratégique de ML resources, LLC. Elle dirige également le CHUP! - Changing Up Pakistan blog. Article d'abord paru dans le Washington Post/Newsweek's OnFaith et écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 4 décembre 2009, www.commongroundnews.org
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