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    <title>Service de Presse de Common Ground - Partenaires pour l'Humanité</title>
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        <description>CGNews - Partenaires pour l'Humanité distribue aux médias et à ses abonnés des articles constructifs sur une vaste gamme de sujets concernant les relations musulmanes-occidentales.</description>
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    <copyright>Copyright 2009 CGNews</copyright>
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      <title>Service de Presse de Common Ground - Partenaires pour l'Humanité</title>
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<title>Les musulmanes poursuivent leur djihad contre la violence</title>
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<description>Los Angeles (Californie) - Le 8 mars, la Journée internationale de la femme permettra de mettre en lumière le travail des femmes contre l&#039;inégalité. La violence et l&#039;inégalité sont le lot commun des femmes dans le monde entier, y compris celles qui vivent dans les sociétés musulmanes. Comme leurs sœurs non-musulmanes, elles s&#039;activent tous les jours pour faire progresser leur condition sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;Agrave; l&#039;occasion de mes nombreux voyages en terre musulmane, au Pakistan, par exemple, je peux constater personnellement le travail remarquable que font les femmes dans le domaine des droits de l&#039;homme et pour la croissance économique. Elles sont chef d&#039;entreprise, elles dirigent des refuges et des affaires, démentant ainsi l&#039;image de la musulmane marginalisée, illettrée et enclavée que véhiculent volontiers les médias occidentaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bushra Aslam, par exemple, a fondé un orphelinat pour jeunes filles à Islamabad après le tremblement de terre de 2005. Elle assure les services d&#039;éducateurs, de mentors, de conseillers et des activités interconfessionnelles pour les 45 pensionnaires. Une autre femme remarquable est Rukhsana Asghar, la présidente de Fulcrum (Le levier), un cabinet de conseil en ressources humaines qui offre des bourses à des jeunes filles pauvres pour les préparer à un métier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;opinion publique des pays occidentaux connaît mal les activités positives qui se déploient dans tout le  monde musulman. Au Maroc, en Egypte et en Turquie, par exemple, des femmes reçoivent une formation de guides spirituelles, ou &lt;i&gt;murshidat&lt;/i&gt;, pour assurer l&#039;encadrement spirituel des  femmes et des enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des mouvements comme l&#039;Initiative féminine islamique pour la spiritualité et l&#039;égalité (Women’s Islamic Initiative in Spirituality and Equality - WISE), réseau social et mouvement de justice sociale citoyen, visent à créer des débouchés pour les femmes dans le monde musulman. Un des programmes de WISE, Djihad (combat) contre la violence, vise à éliminer la violence contre les femmes et à défendre la cause des femmes dans le monde musulman et au-delà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;WISE est fondé sur le principe que « la violence est un phénomène humain qui existe dans toutes les cultures et toutes les communautés confessionnelles. Elle perpétue une réalité constante dans la vie de millions de musulmans, empêchant des sociétés entières de s&#039;épanouir dans le domaine religieux, culturel, politique et économique. Partout dans le monde, la violence annihile le potentiel des femmes à s&#039;épanouir au sein de leurs familles, de leur communauté, de leur pays. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 6 février, WISE a annoncé la journée internationale de lutte contre l&#039;excision, coutume largement répandue en Afrique. Comme ce fléau frappe de nombreuses filles de toutes confessions, les clergés chrétien et musulman se sont unis pour le condamner. Pour prolonger leur message, et dans le cadre de sa djihad contre la violence, WISE collabore avec l&#039;Egyptian Association for Society Development (EASD), organisation non-gouvernementale qui a son siège à Gizeh, pour proposer une éducation contre cette pratique dans un cadre religieux, ainsi que des incitatifs financiers et des activités rémunératrices de substitution pour les personnes qui pratiquent actuellement l&#039;excision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A titre d&#039;exemple, en 2008, les membres de l&#039;association se sont mis en rapport avec Amin Hussein, un barbier qui a régulièrement pratiqué des excisions illégales (l&#039;excision est interdite en Egypte depuis 1996). Après avoir suivi une formation démontrant que l&#039;excision est non-islamique et nocive pour les femmes, M. Hussein a accepté de mettre fin à son activité, en contrepartie de quoi il reçoit une compensation financière et un nouvel équipement professionnel dans le cadre du programme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici plus d&#039;un an maintenant que M. Hussein n&#039;exerce plus ses activités illégales. Sa vitrine exhibe fièrement une proclamation de l&#039;Université d&#039;al-Azhar déclarant l&#039;excision non-islamique et interdite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;WISE œuvre aussi à la prévention et à l&#039;élimination de la violence domestique, phénomène que les Occidentaux croient, à tort, plus répandu, voire accepté, dans les communautés musulmanes, en raison des clichés véhiculés par Hollywood et la presse occidentale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains musulmans, quant à eux, croient aussi que l&#039;islam autorise la violence domestique. Cette attitude est le résultat de normes culturelles, de pratiques tribales et de l&#039;ignorance des interprétations des textes qui reconnaissent la dignité des femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;WISE s&#039;efforce de mieux faire connaître le problème de la violence domestique et de proposer un soutien aux victimes par le biais de ses membres et de leurs organisations. Ainsi, Ambreen Ajaib, une psychologue membre de WISE qui travaille pour Bedari, organisation pakistanaise de défense des droits des femmes au Pakistan, propose un soutien psychologique aux survivantes des violences masculines. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tels sont les engagements et les transformations réalisés par les musulmanes, et qu&#039;elles continuent de réaliser, pour faire reculer les inégalités qui sont responsables des pratiques d&#039;excision et de violence domestique. Malgré tous les efforts déployés par WISE et d&#039;autres organisations pour diffuser l&#039;information sur les mauvais traitements dont les femmes sont victimes et prendre des mesures concrètes pour y mettre un terme, il faudra redoubler ces efforts: il est encore long, le chemin qui sépare les musulmanes de l&#039;égalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Mehnaz M. Afridi, Ph.D. (www.mehnazafridi.com) enseigne le judaïsme et l&#039;islam. Militante des droits des femmes de toutes confessions, elle prône la coexistence et la paix entre juifs et musulmans. Aller sur www.wisemuslimwomen.org pour plus de renseignements sur WISE. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Common Ground News Service (CGNews), 5 mars 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Mehnaz M. Afridi</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>La polygamie dans son contexte</title>
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<description>Kingston (Canada) - Au cours des siècles, les érudits et les hommes musulmans ont accepté la polygamie, c&#039;est-à-dire la pratique qui consiste à avoir plusieurs épouses, mais la nature de la permission coranique et le contexte ne sont plus les mêmes. Dans le Coran, la polygamie n&#039;est jamais évoquée par rapport aux droits du mari, mais bien par rapport aux besoins des femmes et des enfants à cette époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De fait, elle est mentionnée dans les versets 3, 127 et 129 de la quatrième sourate, intitulée précisément an-Nisaa, c&#039;est-à-dire &quot;les femmes&quot;. Une bonne partie de cette sourate fut révélée la quatrième année de la fuite de la communauté musulmane naissante de La Mecque à Médine, aux alentours de 627 EC. Elle marque le début du calendrier musulman. Elle développe le chapitre précédent, qui narre la bataille d&#039;Ohod qui opposa les premiers musulmans aux habitants de La Mecque, faisant de nombreux morts parmi les musulmans et laissant de nombreuses veuves et orphelins. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tel est le contexte dans lequel doit se recadrer toute discussion sur le sujet de la polygamie en islam, car cette permission n&#039;a été accordée aux hommes que dans ces conditions bien particulières. La polygamie est permise au verset 4.3 parce que Dieu veut veiller au sort des femmes et des orphelins dont les maris et les pères avaient sacrifié leur vie au Prophète et à l&#039;islam. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce verset traite de la compassion qu&#039;il faut avoir envers les femmes et leurs enfants et non des hommes et de leur sexualité. Il s&#039;agit d&#039;un commandement adressé à la société patriarcale, lui enjoignant d&#039;assurer leur protection et leur survie, ce qui se faisait le plus commodément à l&#039;époque par la solution du mariage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S&#039;agissant des orphelins, Dieu suggère: “ Et si vous craignez de n&#039;être pas juste envers les orphelins,...Il est permis d&#039;épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n&#039;être pas juste avec celles-ci, alors une seule….” Cette solution visait à assurer une certaine protection aux femmes et enfants vulnérables dans une société patriarcale, du moment que toutes les épouses étaient traitées de façon juste et égale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais au verset 129, Dieu estime que la possibilité d&#039;un traitement juste et équitable est improbable: “ Vous ne parviendrez jamais à traiter toutes vos femmes sur le même pied d’égalité, quel que soit le soin que vous y apportiez…” &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi invraisemblable que cela paraisse, le verset 129 est pratiquement ignoré, tandis que le 3 est invoqué par certains musulmans pour justifier la polygynie, comme si ce verset traitait des besoins sexuels de l&#039;homme et non de la protection de la veuve et de l&#039;orphelin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des érudits, comme Muhammad Abduh, imam égyptien du 19e siècle, ou Asghar Ali Engineer, chercheur indien contemporain spécialiste de l&#039;islam, rejettent l&#039;argument selon lequel le désir sexuel de l&#039;homme doit être satisfait par plusieurs femmes, et même la théorie qui voudrait que l&#039;homme et la femme n&#039;ont pas le même droit à la satisfaction de leurs désirs sexuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, certains hommes prennent exemple sur les multiples femmes du Prophète pour justifier leur propre polygamie. Mais Mahomet a eu une seule épouse pendant 25 ans. Ce n&#039;est qu&#039;après sa mort qu&#039;il conclut des mariages concomitants, ces unions étant pour la plupart des manœuvres politiques visant à cimenter ses relations avec les autres tribus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un hadith (dit du Prophète) puissant décrit la réaction de celui-ci lorsqu&#039;il apprit que son cousin et gendre, Ali, marié à sa fille Fatima, envisageait de prendre une deuxième épouse. Furieux, il déclara publiquement que si Ali voulait une deuxième femme, il devrait d&#039;abord divorcer de Fatima. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis des siècles, le Coran est interprété presque exclusivement par des chercheurs hommes. Quelles que soient leur science et leurs bonnes intentions, ils l&#039;ont interprété à travers le prisme de leur époque, de leur culture, de leurs présupposés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A notre époque, de nombreux spécialistes, comme Engineer, concluent plus heureusement, que “la polygamie était circonstancielle et que la monogamie est la norme” de notre époque. Certains pays, comme la Tunisie, ont fondé leur législation sur cette lecture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le message du Coran est éternel, le contexte a bien évidemment changé. Il existe des exemples de l&#039;enseignement évolutif du Coran. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait par exemple que l&#039;esclavage a longtemps existé dans les communautés musulmanes. Il est vrai que la plupart de ces esclaves étaient des prises de guerre, mais ils n&#039;en étaient pas moins des esclaves. Le Coran prescrit un comportement bienveillant du maître envers l&#039;esclave et incite à lui rendre sa liberté par charité, sans pour autant abolir l&#039;esclavage. Pourtant, à notre époque, aucun musulman ne justifierait l&#039;esclavage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les musulmans des deux sexes doivent bien comprendre le caractère conjoncturel de l&#039;autorisation de la polygamie. Il ne s&#039;agit pas d&#039;un privilège de droit divin conféré aux hommes musulmans. A notre époque, cette pratique ne joue plus sa fonction garante et protectrice de la femme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Alia Hogben est directrice du Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM). Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 5 mars 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Alia Hogben</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Pakistan: une caravane de la paix exprime sa solidarité avec les victimes de violence</title>
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<description>Karachi (Pakistan) – Il s&#039;agissait d&#039;un rassemblement inhabituel à la gare de cantonnement de Karachi où plus d&#039;une centaine de personnes issues d&#039;organisations de la société civile, du monde politique, des syndicats se sont rassemblées, aux côtés d&#039;intellectuels et de journalistes, pour défendre une cause pacifique. Parmi toutes ces personnes, soixante d&#039;entre elles, dont plus d&#039;une douzaine de femmes, faisaient partie d&#039;une caravane de la paix qui avait quitté Karachi pour Peshawar le 13 février dernier afin d&#039;exprimer leur solidarité avec les habitants de Peshawar et de la North-West Frontier Province (NWFP).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;idée d&#039;organiser une caravane de la paix avait surgi lors d&#039;une réunion de consultation de la Coalition pour la Paix du Pakistan (PPC) au Club de la Presse de Karachi en novembre 2009. Les participants de la société civile avaient souligné la nécessité de former une délégation pour visiter les zones de la NWFP frappées par le terrorisme. L&#039;objectif de la caravane était d&#039;exprimer la solidarité avec le peuple de la province; de mobiliser la classe populaire, la société civile et les partis politiques contre le terrorisme; d&#039;exercer une pression sur le gouvernement pour qu&#039;il assume la responsabilité du maintien de l&#039;ordre public; de s&#039;élever contre la &#039;&#039;guerre contre la terreur&#039;&#039; menée par les Etats-Unis; et de créer une concorde entre les classes populaires en ces temps difficiles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque le train a sifflé pour annoncer le début du voyage, les participants de la caravane et leurs amis situés sur la plate-forme ont scandé des slogans pour la paix. A la gare, nombreux étaient ceux qui se réjouissaient de voir des organisations de la société civile exprimer leur solidarité avec la classe ouvrière qui fait face à des difficultés économiques dues à des mesures économiques et politiques inadaptées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Hyderabad, deuxième plus grande ville de la province de Sindh et  premier stop de la caravane, un grand nombre d&#039;activistes de la société civile attendaient avec impatience de se joindre aux membres de la caravane. Hommes, femmes et enfants ont fait pleuvoir des pétales de fleurs et scandé des slogans tels que « Nous voulons la paix pas la guerre » et « Nous voulons la paix pas des bombes ». Le Joint Action Committee (JAC) d&#039;Hyderabad a publié un communiqué dans lequel il soutient l&#039;initiative, déclarant que le peuple de Sindh, la terre des soufis, s&#039;oppose à toutes formes de terrorisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La caravane a ensuite fait route vers Khanpur, une petite ville pakistanaise de la province du Punjab, où seuls deux activistes se sont joints aux participants. A Multan, autre ville du Punjab, des intellectuels, des dirigeants syndicalistes, des écrivains, des journalistes et des habitants ont également rejoint la caravane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le silence est criminel et nous sommes reconnaissants à ceux qui ont brisé ce silence, » déclara un chef local, Saleem Lodhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alvin Muran a souligné la diversité des participants: « Il y a des musulmans, des chrétiens et des hindous dans cette caravane, ce qui rend compte de la véritable situation du Pakistan. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En arrivant à Lahore, dans la soirée, la caravane a été saluée par des centaines d&#039;activistes issus des syndicats et de la société civile ; par des travailleurs de l&#039;Awami National Party (ANP), un parti politique de gauche, ainsi que par plusieurs organisations de la société civile dont le South Asia Partnership (SAP-PK), un mouvement qui s&#039;efforce de donner du pouvoir aux sections marginalisées de la société et d&#039;influencer la politique en faveur du peuple ; par la Strengthening Participatory Organization, une organisation qui soutient les organisations communautaires et les institutions d&#039;intérêt public du Pakistan; par le Bonded Labour Liberation Front, une organisation qui vise à éliminer le travail en servitude et le travail des enfants; et  par GIYAN, une fondation à Lahore qui oeuvre pour la culture et les droits de l&#039;homme; et par PILER, l&#039;Institut pakistanais pour le travail, l&#039;éducation et la recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;objectif principal de la visite consistait à célébrer Peshawar et la résilience de ceux qui vivent au beau milieu de la terreur. Durant leur séjour de deux jours à Peshawar, les 16 et 17 février, la centaine de participants ont bénéficié d&#039;un accueil chaleureux. SAP-PK et Aman Tahreek, un organisme représentatif des organisations de la société civile, a organisé un déjeuner pour les participants au Grand Hotel de la ville. Le représentant d&#039;Aman Tahreek, Syed Alam Mehsood, a donné une conférence sur le conflit et les causes qui sont à l&#039;origine de la « talibanisation ». Plus tard, les participants à la caravane ont manifesté sur la route principale en scandant des slogans contre la guerre et contre les talibans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la soirée du 16 février, la délégation a également visité le mausolée de Rehman Baba, un poète soufi du XVIIème siècle, qui a été bombardé par les militants taliban en mars 2009. Les gardiens du mausolée ont expliqué à la délégation les dommages que le monument avait subis. La caravane a également participé à une réunion publique à Hayatabad laquelle rassemblait plus d&#039;un millier d&#039;ouvriers. La soirée s&#039;est achevée par une réception du Parti du peuple pakistanais (Sherpao) organisée par Sikandar Hayat Sherpao, membre élu de l&#039;assemblée provinciale de la NWFP qui avait été antérieurement blessé dans un attentat suicide, et par le sénateur Haji Ghufran. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, lors d&#039;un déjeuner, le gouverneur de la NWFP, Owais Ahmed Ghani, déclarait que la visite de la caravane avait remonté le moral de la population et constituerait une étape capitale dans la réduction de la peur qu&#039;inspiraient les talibans. Un thème semblable fut débattu au Club de la Presse de Peshawar où la caravane s&#039;est arrêtée pour exprimer sa solidarité aux journalistes qui avaient été visés par un kamikaze en décembre 2009.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le dernier stop, la délégation a rendu visite à Bacha Khan Markaz au Peshawar, le QG de l&#039;ANP. Les principaux chefs de l&#039;ANP et les représentants de la délégation, dont Mian Abdul Qayom, un dirigeant syndicaliste de Faisalabad, ont pris part à la discussion. Les dirigeants de l&#039;ANP ont fait savoir qu&#039;ils nourrissaient l&#039;espoir de voir l&#039;initiative de la caravane de la paix rassembler les peuples des différentes régions du pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;### &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Shujuaddin Qureshi est attaché de recherche principal à l&#039;Institut pakistanais pour le travail, l&#039;éducation et la recherche (PILER). Article abrégé distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews). Le texte est disponible dans son intégralité en anglais sur www.dawn.com.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source : Dawn.com, 24 février 2010, www.dawn.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Shujuaddin Qureshi</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Les blogs d'Afrique du Nord sur les conflits</title>
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<description>Beyrouth – Dix-huit blogueurs nord-africains se sont réunis à Rabat la semaine dernière pour participer à un atelier de rédaction constructive et efficace portant sur les conflits et améliorer leurs connaissances des médias sociaux, malgré des problèmes de censure et l&#039;existence de plusieurs contraintes techniques dans la région du Maghreb.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La formation, organisée par l&#039;organisation non gouvernementale basée à Washington [et Bruxelles], Search for Common Ground (SFCG), comportait des séances sur les besoins des blogueurs et les défis qu&#039;ils rencontrent, la censure, le blogging et les médias sociaux comme formes d&#039;expression et d&#039;activisme individuelles, l&#039;impact des blogs dans la couverture des conflits, l&#039;évolution dans la manière de bloguer et l&#039;éthique des médias en ligne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les blogueurs et activistes originaires du Maroc, d&#039;Algérie et de Tunisie ont testé leurs connaissances et idées nouvellement acquises. Et le participant, Naoufel Chaara, d&#039;écrire que l&#039;atelier avait dépassé ses attentes: « Il faut avouer que je me suis trompé. La formation de SFCG ne correspond pas à l&#039;idée que je m&#039;étais faite des ateliers et des conférences où nous devons supporter des intervenants ennuyeux et soporifiques, dit-il. Aujourd&#039;hui, beaucoup de choses vont changer. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dynamisme de l&#039;atelier a permis aux blogueurs d&#039;apprendre, d&#039;interagir, de prendre des photos, de faire des vidéos, de « tweeter » et d&#039;afficher le contenu tout en discutant de ce qu&#039;ils pouvaient faire ou ne pas faire dans leurs pays respectifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maroc jouit d&#039;une relativement plus grande liberté que ses voisins en matière d&#039;internet ; l&#039;Algérie vient en deuxième position et la Tunisie garde une mainmise sur l&#039;accès aux médias sociaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les blogs eux-mêmes vont des forums politiques et sociaux à des programmes plus personnels, à des traités sur la liberté d&#039;expression formulés sans ambages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Nous avons créé un groupe sur le Web et avons décidé de poursuivre nos discussions sur nos malheurs communs; tchats à gauche, tchats à droite, échanges de photos, solidarité avec les faibles et nous avons dit à l&#039;unisson: &#039;Non à la suppression de la liberté,&#039; et &#039;Oui à la liberté d&#039;expression&#039;, » écrivait Chahida Lakhouaja sur son blog, et poursuivait en ajoutant que les participants étaient fiers de faire savoir qu&#039;ils étaient des blogueurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;atelier a été lancé avec enthousiasme par Leena El-Ali, directrice du programme Partenaires pour l&#039;humanité de SFCG qui vise à influer de manière positive sur la façon dont les individus et les groupes, en Occident et dans le monde musulman, réfléchissent aux problèmes inter-culturels et se positionnent par rapport à eux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a expliqué aux blogueurs l&#039;approche de Common Ground qui consiste à faire ressortir des solutions, plutôt que de simplement s&#039;attarder sur les problèmes, et à donner la parole à toutes les parties prenantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leena El-Ali a encouragé les participants à écrire pour le Service de Presse de Common Ground et a fixé des directives pour aider à ouvrir la voie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Leena El-Ali, un article du Common Ground donne un éclairage  constructif et tend vers une solution et des mesures concrètes permettant  la collaboration et la compréhension, là où elles sont possibles; il cherche des  terrains d&#039;entente ou des buts et intérêts communs; il favorise le dialogue et la coopération; il met en exergue des exemples positifs d&#039;interaction entre les cultures occidentale et musulmane; il exprime l&#039;autocritique constructive; il donne l&#039;espoir aux lecteurs que des solutions non contradictoires sont possibles; il souligne les expériences positives entre les individus qui humanisent l&#039;autre; et il favorise la compréhension entre les cultures musulmane et occidentale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le journaliste/blogueur marocain, Rachid Jankari, directeur de MIT Media et éditeur de www.maroc-it.ma, a maintenu un rythme soutenu, faisant connaître les dernières nouveautés en matière d&#039;internet aux participants et  leur montrant comment maîtriser l&#039;utilisation des différents outils disponibles sur le Web.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les blogueurs avaient du mal à suivre le rythme de son discours et l&#039;enthousiasme avec lequel il décrivait les possibilités infinies de la toile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etait également présent, Mohamed Daadaoui, professeur assistant de Science politique à l&#039;université d&#039;Oklahoma City dont le blog sur le Maghreb est axé sur les tendances politiques et économiques et les nouvelles portant sur la région du Maghreb. M. Daadaoui a évoqué la façon dont les blogs ont été utilisés pour couvrir les soulèvements et les conflits. Il s&#039;est également polarisé sur deux points : comment le blogging a -t-il été une source de problèmes et quand les blogs ont-ils  contribué à favoriser des solutions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ci-dessous, une liste des blogs d&#039;Afrique du Nord:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;almiraatblog.wordpress.com/about&lt;br /&gt;almiraat2.wordpress.com&lt;br /&gt;kamelmansari.maktoobblog.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;kamelmansari.over-blog.com&lt;br /&gt;kamelmansariblogpost.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;rachid87.maktoobblog.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;chabakamissour.fr.gd&amp;#8232;&lt;br /&gt;hindapress.canalblog.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;chaara.net&amp;#8232;&lt;br /&gt;issaad.net&amp;#8232;&lt;br /&gt;chahida25.maktoobblog.com&lt;br /&gt;emmabenji.canalblog.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;nawel.guellal.over-blog.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;nightclubbeuse.blogpost.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;fatounar.blogpost.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;courantaltermatif.blogpost.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;tiznitoi.blogpost.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;www.jankari.org&amp;#8232;&lt;br /&gt;maghreblog.blogspot.com&amp;#8232;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;### &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Magda Abu-Fadil est directrice du programme de formation professionnelle des journalistes à l&#039;Université américaine de Beyrouth. Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l&#039;autorisation de l&#039;auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Huffington Post, 24 février 2010,&lt;br /&gt;www.huffingtonpost.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Magda Abu-Fadil</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Le débat sur l’intégration des musulmans en Allemagne</title>
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<description>Bonn –  La relation entre le peuple allemand et les musulmans résidant en Allemagne est un des sujets  dont on parle le plus en ce moment dans les débats publics, qui finissent souvent en disputes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’un côté on accuse les émigrés musulmans de ne simplement pas vouloir s’assimiler à la société allemande et de l’autre on accuse la majorité allemande d’être hostile à l’islam et d’essayer d’exclure les résidents musulmans de la vie publique du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réalité est naturellement plus complexe, et on se doit de parler de cette complexité et d’en tenir compte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette prise en compte consiste en partie à mettre en lumière le contexte malgré lequel les exigences d’intégration doivent être satisfaites. Historiquement, l’identité allemande a été façonnée non seulement par la langue et la culture allemandes mais aussi par le christianisme. Longtemps, celui dont la culture ne correspondait pas à ces paramètres était perçu comme un étranger. Le groupe qui a subi le plus douloureusement les conséquences de cette  tendance à l&#039;exclusion, ce sont les juifs. Le sort tragique des juifs qui ont essayé de se faire accepter par les Allemands n’est que trop connu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or  l’Allemagne d’aujourd’hui est une démocratie libérale. Tout parallélisme entre l’Holocauste et la xénophobie que subissent les musulmans vivant dans ce pays à l’heure actuelle  est, par conséquent, non seulement une insulte aux victimes du génocide nazi mais aussi la preuve d’une grande ignorance des changements que la République fédérale d’Allemagne a réussi à instaurer depuis 1945.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant,  la société allemande continue à garder d’elle-même une image, ancrée dans l’histoire, qui constitue un fardeau en matière d’intégration des émigrés et de leurs enfants. Il ne s’agit pas là d’un reproche – car il est impossible d’imposer une identité nationale supra-ethnique depuis le haut, en Allemagne comme dans tout autre pays – mais plutôt d’une façon de tirer la sonnette d’alarme quant à l’urgence pour nous Allemands de trouver un meilleur modèle de coexistence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la majorité allemande, la tâche principale serait de faire connaître l’islam et d’inculquer de manière cohérente les notions de respect et de tolérance envers les autres. Il faut dire que la plupart des Allemands n’ont aucune connaissance élémentaire de l’islam et de la culture musulmane. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour donner un exemple, dans les débats sur la religion musulmane, on se réfère à Dieu généralement en utilisant le mot arabe « Allah » - d’où l’impression d’une divinité différente, ou pour ainsi dire à part,  qui serait plus sévère et inflexible que le « dieu d&#039;amour » chrétien. Or très peu d’Allemands savent quoi que ce soit sur les doctrines sociales, la jurisprudence, ou encore le devoir de charité en islam.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’où l’urgence de doter la grande majorité de la population allemande d’une vision plus équilibrée de la religion et de la civilisation musulmanes. Aussi longtemps qu’on tarde à le faire, ou qu’on ne le fait pas assez, les préjugés gagneront du terrain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tâche n’est pas facile. Il faudra créer le matériel d’enseignement pour les écoles et  autres institutions ; les enseignants auront besoin de formation ;  il faudra également y consacrer beaucoup de temps et bien sûr des fonds – qui semblent toujours insuffisants-  sans oublier le fait que ce genre de mesures ne sont pas toujours très appréciées politiquement  – car  les gens n’aiment pas renoncer à leurs vieux préjugés et évitent d’aborder des thèmes qui les mettent mal à l’aise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, sans un effort complet de clarification au niveau du gouvernement fédéral, des L&amp;auml;nder et des municipalités, « l’islamophobie » et l’hostilité envers les musulmans continueront à progresser. Ce qui est regrettable, d’autant plus que cela  encourage la division et renforce la tendance de certaines couches de la communauté musulmane à créer des sociétés parallèles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, nous ne devons pas accepter les exigences de certains groupes musulmans extrémistes selon lesquels pour parvenir à une intégration réussie, il nous faudrait faire des compromis par rapport aux principes libéraux et démocratiques allemands.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons également refuser d’approuver l’idée de remplacer le code pénal allemand par la loi islamique lorsqu’il s’agit de musulmans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Naturellement, toute forme de violence motivée par la religion – qu’elle soit dirigée contre d’autres musulmans ou des non-musulmans – doit être combattue. Dans la lutte contre cette violence, les musulmans allemands, en majorité respectueux de la loi et des principes démocratiques, doivent être solidaires de la majorité respectueuse de la loi et des principes démocratiques dans notre pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une société libre, les démocrates ont le devoir de prendre leurs distances non pas par rapport aux musulmans, aux chrétiens ou aux juifs – mais vis-à-vis des antidémocrates. C’est pourquoi, les grandes figures de la communauté musulmane –  hommes politiques, chefs religieux,  militants, écrivains et autres – sont maintenant, comme précédemment,  appelées à se distancier complètement des extrémistes. Plus ils y mettront de la volonté, mieux ils contribueront à l’intégration des musulmans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, ce devoir incombe non seulement aux figures importantes de la majorité et de la minorité mais à tout simple citoyen. Nous devons tous non seulement défendre le respect des autres en théorie mais aussi vivre notre vie quotidienne selon ce précepte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons appliquer ce principe dans notre tête, mais aussi dans notre cœur, conformément au Troisième Commandement (Lévitique 19-18) : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». C’est la seule façon d’assurer un avenir commun, pour le bien de notre pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Stephan J. Kramer est le secrétaire général du Conseil central des juifs d’Allemagne. Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews),  avec l’autorisation de &lt;i&gt;Qantara.de&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Qantara.de, 19 février 2010, www.qantara.de&lt;br /&gt;Reproduction autorisée</description>
<dc:creator>par Stephan J. Kramer</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Les madrasas au Royaume-Uni : un pont pour la jeunesse musulmane ?</title>
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<description>Londres – Bas niveau scolaire et manque de réussite professionnelle, d’après les spécialistes, se rencontrent fréquemment parmi les jeunes musulmans britanniques. Selon la Joseph Rowntree Foundation, organisme bénévole indépendant qui se consacre au développement et à la recherche sociale, l’ascenseur social des musulmans britanniques monte moins vite que celui de leurs homologues hindous, chrétiens et juifs. Cette tendance se vérifie systématiquement partout en Europe, où les musulmans risquent trois fois plus le chômage que les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les musulmans sont, en Europe, un des groupes sociaux les plus repliés sur enclavés et les plus désavantagés au plan économique. Il est donc indispensable d’élever leurs aspirations, d’augmenter leurs chances de réussite et de faire que les jeunes musulmans soient partie prenante dans la société. Les mosquées et madrasas peuvent y aider.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Royaume-Uni compte environ 1.600 madrasas, ces centres d’enseignement religieux fonctionnant le weekend ou après l’école, dont la plupart sont associés à des mosquées. Pas moins de 200.000 enfants musulmans de toutes origines ethniques les fréquentent entre quatre et quinze ans. Ces établissements offrent les deux extrêmes de la pédagogie, depuis l’apprentissage par cœur de textes religieux jusqu’à un enseignement interactif où les matières islamiques et les matières scolaires habituelles sont enseignées dans un cadre divertissant et créatif. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les familles musulmanes britanniques aiment ces madrasas associées à une mosquée, car c’est le seul lieu où les enfants peuvent accéder à une éducation islamique de base et elles présentent de plus l’avantage de pouvoir développer, dans ce réservoir souvent inexploité de jeunes élèves, l’ambition et la réussite professionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malheureusement, certaines madrasas sont déconnectées du monde réel, ce qui empêche les enfants de réaliser pleinement leur potentiel. Un rapport de l’Open Society Institute, “Muslims in Europe : A Report on 11 EU Cities”, confirmait que les méthodes d’enseignement pratiquées dans beaucoup de madrasas, à base d’apprentissage par cœur et de discipline sévère, ne sont pas en phase avec la pensée et la pratique pédagogiques contemporaines, et ne réussissent pas à développer les compétences essentielles à la réussite dans la vie active de notre époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre rapport, publié par le Policy Research Centre de l’Islamic Foundation, souligne le besoin d’une meilleure articulation entre les messages émis par les madrasas et ceux de l’école commune. Il est indispensable aussi de favoriser un rapprochement entre les mosquées et les secteurs professionnels afin de créer la confiance et d’élargir les horizons des musulmans au Royaume-Uni et dans toute l’Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cet ordre d’idées, le CEDAR (www.thecedarnetwork.com), réseau professionnel islamique en Europe, a lancé un programme en ce sens. S’associant dans un partenariat avec Young Enterprise, principal organisme bénévole de formation aux affaires et à l’entreprise, il offre, en collaboration avec les mosquées et dans l’enceinte de celles-ci, des cours de tutorat professionnel. Cette approche novatrice valorise les synergies qu’entretiennent souvent les jeunes musulmans avec leurs mosquées de quartier et la grande expérience professionnelle des tuteurs du CEDAR. Il se crée ainsi une expérience d’apprentissage à laquelle les jeunes musulmans peuvent vraiment adhérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le programme de tutorat cherche non seulement à élever les ambitions des jeunes mais également à créer des liens avec des professionnels musulmans, qui peuvent ensuite leur servir d’exemple et avec qui ils peuvent nouer des contacts durables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, lors d’un atelier organisé dernièrement à la mosquée Tawhid de Londres, une session interactive comportant toute une série d’expériences d’apprentissage a réuni les élèves de la madrasa et d’autres jeunes du quartier. Ces jeunes ont été initiés aux outils et aux techniques leur permettant de construire leur parcours de vie en fonction de leurs propres espoirs, et du développement de leurs compétences. Un concours ayant pour objet la présentation du meilleur business plan pour une entreprise sociale, comportant notamment la construction d’un centre communautaire, incitait les élèves à réfléchir aux besoins pratiques de leur communauté locale, musulmane et non musulmane, au-delà de leur propre monde confessionnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mosquée Tawhid, réputée pour son conservatisme social, a permis à un groupe mixte de garçons et de filles de travailler ensemble. Elle a compris la valeur d’un programme qui permet à des enfants musulmans d’être productifs dans un environnement plus en phase avec le monde réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bassim el-Sheikh, 13 ans, déclarait, une fois l’atelier terminé : « J’ai beaucoup plus confiance en moi, je sais mieux travailler en équipe ; je sais mieux écouter les autres et m’exprimer. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mosquées britanniques s’efforcent lentement de se rapprocher des jeunes, des femmes et des non musulmans. Les plus grandes, dépassant leur strict rôle cultuel, aspirent à se transformer en centres holistiques, proposant des cours d’anglais, une initiation à l’informatique, des salles de sport et des événements interconfessionnels réguliers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les mosquées et les madrasas parviennent à se brancher sur la société ordinaire, si elles développent les aspirations et les compétences de vie des jeunes qui les fréquentent, il sera alors possible de prévenir la ghettoïsation dont souffrent certaines communautés musulmanes britanniques et européennes et de favoriser la promotion éducative et professionnelle des jeunes musulmans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Asim Siddiqui, membre fondateur du bureau du CEDAR, est aussi administrateur fondateur  du City Circle. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 26 février 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Asim Siddiqui</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Vers un rapprochement turco-libanais</title>
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<description>Beyrouth – M. Saad Hariri, Premier ministre du Liban, vient de se rendre en visite officielle en Turquie. C’est un tournant dans les relations entre les deux pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était une première : M. Hariri et une délégation libanaise composée de huit ministres ont rencontré avec le Président Abdullah Gul, le Premier ministre Tayyip Recep Erdogan, M. Ahmet Davutoglu, Ministre des affaires étrangères et de nombreux autres dirigeants et hommes d’affaires turcs. La rencontre en soi était importante, mais les résultats le sont plus encore : suppression de l’obligation de visa entre les deux pays pour la première fois depuis l’époque de l’éclatement de l’empire ottoman à l’issue de la Première Guerre mondiale et de l’instauration du Mandat français sur le Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis toutes ces décennies, les Libanais de tous bords, chrétiens et musulmans, voient la Turquie d’un mauvais oeil. La communauté chrétienne vit encore sous l’impression que l’empire ottoman traitait les chrétiens en citoyens de seconde zone. Par la suite, ce sont les dirigeants chrétiens, en majorité à l’époque, qui ont mené le mouvement d’indépendance contre le sultanat de Turquie. Il faut y ajouter l’afflux de dizaines de milliers de sujets chrétiens, d’origine arménienne, de l’empire ottoman pendant la première guerre mondiale, surtout après les tueries en masse de 1915, époque où l’Etat ottoman voyait en eux une menace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ressentiment des musulmans n’est pas moins vif. La fin du califat ottoman et l’instauration de la république turque en 1923 a suscité la colère chez les musulmans du Liban et de la région en général, qui auraient voulu que la Turquie reste à la tête du monde musulman. En fait, les options laïques du gouvernement instauré par Kemal Atatürk ont dressé de nombreux musulmans du Liban contre la Turquie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troisième facteur déterminant de la mauvaise qualité des relations du Liban avec la Turquie: la reconnaissance d’Israël par la Turquie en 1950, pas que le Liban n’a jamais franchi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mise à part une courte période dans les années 50 où Liban et Turquie partageaient un intérêt commun contre le panarabisme du président égyptien Gamal Abdel Nasser et une affiliation politique commune envers les Etats-Unis, il n’y a guère eu d’interaction positive au niveau officiel entre les deux pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce contexte, le voyage de M. Hariri n’aurait pu se dérouler au plus haut niveau, ni produire de résultats, si certains facteurs n’avaient pas été présents. D’abord, le parti actuellement au pouvoir en Turquie (Justice et Développement) a inscrit à son programme l’amélioration des relations avec ses voisins du Proche-Orient. Ensuite, le réchauffement diplomatique entre la Turquie et la Syrie a eu une influence importante sur les rapports entre la Turquie et le Liban, la Syrie utilisant le crédit dont elle jouit auprès des factions qui lui sont favorables pour persuader le gouvernement libanais d’adoucir sa position envers la Turquie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi qu’on puisse penser du principe de laïcité que pratique la Turquie, sa mise en oeuvre constitue un modèle dans une société naguère divisée entre une majorité sunnite (35 millions) et les 20 millions d’alaouites qui constituent une secte au sein de l’islam chiite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré de fortes pressions, le Liban n’a pas encore trouvé les moyens de sortir de son régime politique confessionnel, où le pouvoir politique et institutionnel est réparti à la proportionnelle entre les communautés religieuses. La laïcité représenterait une solution éventuelle pour cette société multiculturelle et multiconfessionnelle. Le Liban a donc tout à gagner à un rapprochement avec une Turquie pluriculturelle, pluriconfessionnelle et laïque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas dire que la Turquie soit un exemple parfait. Ce pays se débat encore contre des lois qui, interprétées dans la pratique, sont considérées comme discriminatoires à l’égard de la minorité religieuse, dans la mesure où elles limitent les libertés individuelles et religieuses des alaouites. Quant au débat sur le droit de porter le hijab dans les bâtiments publics et les institutions comme les universités, il est loin d’être clos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’expérience turque, on le voit, peut constituer un modèle pour le Liban, du moins en principe sinon dans la pratique. Et dans cet ordre d’idées, le Liban à son tour, fort des libertés religieuses et politiques qu’il garantit à ses citoyens, pourrait servir d’exemple à la Turquie. Les deux pays gagneraient à l’établissement de liens plus étroits, fondés sur une communauté d’intérêts politiques, sociaux et culturels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Mohammad Noureddine, professeur à l&#039;Université Libanaise et directeur du Centre d’Etudes stratégiques de Beyrouth, est rédacteur en chef du magazine&lt;i&gt;Choo&#039;un al Awssat&lt;/i&gt;. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground News Service (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 26 février 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Mohammad Noureddine</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Un partenariat pour la paix au Moyen-Orient, ici en Amérique</title>
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<description>Washington – Compte tenu de l&#039;agitation qui entoure la diplomatie et le processus de paix au Moyen-Orient, il est plus urgent que jamais, pour la société civile, de faire bloc autour de l&#039;incontestable réalité selon laquelle une solution qui met fin au conflit ne peut être atteinte que par la création d&#039;un Etat palestinien existant, côte à côte avec Israël, dans la paix et la sécurité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La solution à deux Etats est devenue la politique officielle des Etats-Unis sous le président américain George W. Bush; et, aujourd&#039;hui, sous le président américain Barack Obama, elle est considérée comme une priorité de sécurité nationale. Elle a été adoptée, au niveau international, par le Quatuor pour le Moyen-Orient (composé des Etats-Unis, de la Russie, de l&#039;Union européenne et des Nations Unies), l&#039;Organisation de libération de la Palestine, la Ligue arabe et les gouvernements israéliens successifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette solution a également fini par délimiter la tendance de l&#039;opinion américaine sur cette question, y compris la position de la majorité des organisations arabes et juives américaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la région, seuls le gouvernement iranien, le Hamas, le Hezbollah et les extrémistes idéologiques de l&#039;extrême droite israélienne s&#039;opposent à cette solution. En Occident, l&#039;opposition se limite à des activistes des franges politiques extrémistes de gauche et de droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, une trop grande partie de notre politique ne s&#039;est pas encore adaptée à cette politique du consensus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#039;une part, et ce fut positif, ces derniers mois ont été témoins d&#039;un consensus sans précédent entre l&#039;administration Obama et le Congrès américain. Au Congrès, des défenseurs de longue date d&#039;Israël ont clairement indiqué que la solution à deux Etats servait les intérêts stratégiques des Américains et des Israéliens; ils ont donc soutenu les premiers efforts de l&#039;administration visant à jeter les bases d&#039;une reprise des pourparlers de paix et à créer les institutions d&#039;un Etat palestinien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#039;autre part, les vieux jeux à somme nulle (où le gain de l&#039;un est perçu comme une perte inévitable pour l&#039;autre et où plus d&#039;énergie est consacrée à marquer des points lors de discussions plutôt qu&#039;à trouver des solutions) continuent de dominer les relations entre les gouvernements palestiniens et israéliens, ainsi qu&#039;entre entre les communautés et organisations arabes et juives en Amérique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce manque d&#039;harmonie entre les objectifs énoncés et l&#039;attitude véritable des intervenants est au coeur des difficultés que rencontre l&#039;administration pour résoudre ce conflit; il faut dépasser cette situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en professant un objectif commun, les communautés arabe et juive d&#039;Amérique ont, jusqu&#039;ici, évité de créer une dynamique de coopération. La coopération inter-communautaire a seulement lieu entre une fraction d&#039;organisations, tandis que le centre de gravité reste largement conflictuel. Le mot &#039;&#039;délégitimation&#039;&#039; et la recherche constante de &#039;&#039;preuves&#039;&#039; de la mauvaise foi de l&#039;autre définissent encore la grande majorité des discours qui portent sur le conflit arabo-israélien, empêchant ainsi que ne s&#039;accomplisse ce que les deux communautés disent vouloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut comprendre cette dynamique (bien qu’elle soit profondément destructrice) entre deux groupes opposés qui luttent pour trouver une sortie à un conflit douloureux et en cours. Toutefois, elle n&#039;a pas sa place sur la scène politique nationale en Amérique, où l&#039;intérêt national doit être prépondérant pour résoudre ce conflit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etant donné que l&#039;administration Obama va de l&#039;avant dans la construction d&#039;une coalition internationale pour la paix, il faut créer dans ce pays une coalition nationale pour une solution à deux Etats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son objectif principal doit être d&#039;informer les responsables politiques, en particulier le Congrès, de l&#039;importance de la coalition en faveur d&#039;une paix basée sur la solution de deux Etats et de la profondeur de l&#039;engagement qu&#039;elle représente. Les membres du Congrès et autres figures publiques doivent bénéficier de suffisamment de soutien pour vraiment adopter cette démarche et pour avoir l&#039;assurance qu&#039;elle constitue un atout politique et non une charge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une telle coalition doit se souder autour d&#039;un noyau d&#039;organisations arabes et juives. Ces deux communautés, dont les enjeux affectifs et politiques qu&#039;implique la résolution de ce conflit sont les plus élevés, sont aussi celles qui connaissent le plus en détail le Moyen-Orient. D&#039;autres Américains se&lt;br /&gt;tournent naturellement vers elles pour le leadership.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, en raison de leurs profondes relations personnelles et politiques avec les Palestiniens et les Israéliens, ces deux communautés sont les mieux placées pour soutenir les efforts de l&#039;administration qui visent à rapprocher les parties en vue de pourparlers de paix pour enfin mettre un terme au conflit et à l&#039;occupation. Une coalition pour la paix menée par des Juifs - et des Arabes - peut aussi montrer l&#039;engagement des plus proches amis des deux parties dans la région pour aboutir à la solution à deux Etats et montrer que les deux communautés (tant ici qu&#039;au Moyen-Orient) peuvent travailler ensemble pour servir leurs intérêts communs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les différences portant sur la nuance et l&#039;emphase (à la fois au sein des communautés et entre elles) sont naturelles et saines car elles favorisent le débat et encouragent des idées nouvelles et créatives. Le but ne devrait pas consister à étouffer une telle diversité mais plutôt à créer la plus grande circonscription possible pour un accord de paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une telle coalition doit être assez large pour englober toutes les organisations préconisant une solution de deux Etats, même si elles se différencient dans la façon d&#039;expliquer pourquoi elles favorisent cette&lt;br /&gt;solution, dans la façon d&#039;atteindre le plus sûrement ce but ou même dans la manière de la définir avec précision. Ce qu&#039;il faut, c&#039;est un moyen par lequel les Arabes, les Juifs et autres Américains intéressés peuvent garantir que la somme totale de leurs efforts soutient la question prédominante de la sécurité nationale qui est en jeu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ceux parmi nous qui veulent mettre un terme à ce conflit doivent maintenant se liguer pour défendre une cause commune, se délester des attitudes démodées et contre-productives et accorder le soutien politique nécessaire aux dirigeants de tous bords qui cherchent sérieusement une solution. Le moment est enfin venu d&#039;aligner notre politique sur nos objectifs politiques communs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Ziad Asali est le président du groupe d&#039;étude américain sur la Palestine et membre du conseil consultatif sur le Moyen-Orient de Search for Common Ground. Article distribué par le Service de&lt;br /&gt;Presse de Common Ground (CGNews) avec l&#039;autorisation de &lt;i&gt;The Forward&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: The Forward, 3 février 2010, www.forward.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Ziad Asali</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Les origines des tensions sectaires en Egypte</title>
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<description>Le Caire – Phénomène complexe et galopant dans la société égyptienne, la violence sectaire a envahi l&#039;Egypte il y a longtemps, suite à une multitude de malheurs économiques, sociaux et culturels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un lien direct et indéniable entre l&#039;émergence de ces tensions dans le paysage politique égyptien et le système politique en place depuis le coup d&#039;état militaire de 1952. Les tensions sectaires ont anéanti la société égyptienne à cause de politiques peu judicieuses menées par les régimes qui se sont succédés, telle que la décision peu pertinente et provocatrice de l&#039;ancien président égyptien Anouar el-Sadate de se qualifier de &#039;&#039;président musulman d&#039;un Etat musulman&#039;&#039;. Mais aussi les amendements constitutionnels qu&#039;il a apportés à l&#039;Article 2 (qui stipule que l&#039;islam est l&#039;une des principales sources de loi) de la constitution, ainsi que les mesures visant à soutenir la présence de groupes politiques islamiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une lecture de la scène politique égyptienne à l&#039;époque du coup d&#039;Etat de juillet 1952 peut aussi aider à tirer d&#039;importantes conclusions. Bon nombre des officiers libres, membres de l&#039;armée, qui ont orchestré le coup d&#039;Etat, avaient des liens avec la Société des Frères musulmans ou ont même été membres de celle-ci, Nasser y compris. Et il n&#039;y avait pas un seul chrétien parmi eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien que le régime se soit retourné contre la Société des Frères musulmans après la tentative d&#039;assassinat visant l&#039;ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser, supposément initiée par d&#039;autres chefs de la Société, ce dernier était lui-même extrêmement réticent à inclure des chrétiens dans ses rangs, preuve que le caractère fondamental du régime a contribué à aggraver les tensions sectaires en Egypte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, certains observateurs prétendent que les chrétiens en Egypte ont été soumis à des formes systématiques de discrimination qui les ont mis à l&#039;écart et laissés si mécontents que certains se sont radicalisés. Ce triste état des affaires peut être attribué à l&#039;absence de véritable démocratie qui, à son&lt;br /&gt;tour, vient amoindrire la tolérance et l&#039;harmonie et nourrir le fanatisme et le sectarisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sombre tableau qui domine aujourd&#039;hui le front domestique de l&#039;Egypte est en opposition totale avec la coexistence pacifique qui marquait les relations harmonieuses entre la majorité musulmane et la minorité chrétienne dans les années allant de la révolution de 1919, contre l&#039;occupation britannique, au coup d&#039;Etat de 1952.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, la débâcle politique que connaît l&#039;Egypte depuis le coup d&#039;Etat de 1952, qui s&#039;est manifesté par une stricte censure des médias, l&#039;abolition des partis politiques et une main de fer imposée sur la société civile, a fait beaucoup de victimes chez les musulmans et les chrétiens. Cependant, les chrétiens ont été en plus dépossédés de tous les postes dans le renseignement ou la sécurité. Cette criante injustice infligée à la minorité chrétienne a joué un rôle crucial en aggravant l&#039;état d&#039;insatisfaction politique des Coptes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, la conscience politique et culturelle s&#039;est considérablement détériorée du fait de l&#039;absence d&#039;instruction à l&#039;époque de Nasser, bouleversant les valeurs fondamentales de citoyenneté, d&#039;égalité et d&#039;unité nationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd&#039;hui, nous avons absolument besoin de lancer une campagne de sensibilisation pour amener le peuple à adopter les nobles valeurs de tolérance religieuse et à renoncer à la bigoterie. Les médias et les établissements scolaires peuvent diffuser ce message à grande échelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons aussi tenir compte du fait que les conditions économiques et sociales actuellement déplorables qui ont conduit plus de 30% de la population égyptienne à vivre sous le seuil de pauvreté, ont tôt fait de faire de l&#039;Egypte une terre propice aux maux sociaux tels que l&#039;extrémisme et le fanatisme religieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains établissements religieux, qu&#039;ils soient musulmans ou chrétiens, ont été mêlés à de cruelles campagnes incitant un extrémisme farouche et enflammé des deux côtés. Les maisons de Dieu ne doivent pas servir de bastions pour propager des idées mensongères et calomnieuses qui viennent renforcer les divisions entre les communautés musulmanes et chrétiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes confrontés à de réelles menaces qui mettent en péril notre cohésion sociale et l&#039;avenir de notre nation. Nous devons être à la hauteur de ce défi et faire preuve d&#039;une grande vigilance face à ce danger imminent qui compromet notre unité nationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Osama El-Ghazali Harb est rédacteur en chef du mensuel &lt;i&gt;Al Siyasa Al Dawliya&lt;/i&gt; publié par &lt;i&gt;Al-Ahram&lt;/i&gt; et l&#039;un des fondateurs du Parti du Front démocratique. Cet article abrégé est distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l&#039;autorisation du &lt;i&gt;Daily News Egypt&lt;/i&gt;. Le texte est disponible dans son intégralité en anglais sur www.thedailynewsegypt.com.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Daily News Egypt, 2 février 2010, www.thedailynewsegypt.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée</description>
<dc:creator>par Osama Al-Ghazali Harb</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>L’islam en Bosnie : entretien avec Armina Omerika</title>
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<description>Bonn - L’islam est une religion pratiquée en Bosnie depuis des siècles. La journaliste indépendante Claudia Mende demande à Armina Omerika, spécialiste d’études islamiques à l’Université d’Erfurt en Allemagne, si l’exemple de l’islam bosniaque pourrait servir de modèle à d’intégration pour les musulmans d’autres pays européens. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Comment la communauté musulmane de Bosnie est-elle parvenue à s’intégrer dans cet Etat non musulman ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omerika : Cette question s’est posée pour la première fois en 1878, lorsque l’Empire austro-hongrois établit son autorité sur la Bosnie. On peut dire qu’à partir de ce moment, les musulmans bosniaques ont toujours vécu sous  « domination étrangère ».  Déjà à cette époque, la question de savoir si des musulmans pouvaient vivre dans un Etat non musulman faisait l’objet de discussions animées. Des réformateurs comme Dzemaludin Causevic, leader des Musulmans bosniaques de 1914 à 1930, se disaient en faveur d’un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; [entente temporaire entre parties opposées permettant une coexistence pacifique jusqu’à l’obtention d’un accord formel]. Naturellement, ce &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; a évolué au fil des années. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Quels étaient les points qui posaient problème ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omerika : Les intellectuels et les érudits musulmans étaient en grand désaccord par rapport à la laïcité en matière d’éducation ainsi qu’à propos du statut des femmes dans la société et des réformes de la loi islamique. Depuis l’occupation austro-hongroise, la loi islamique est restreinte aux droits de la famille et de succession.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La délimitation de l’action des femmes en public constituait un problème particulièrement épineux. La question des banques islamiques et des taux d’intérêt faisaient également l’objet de vifs débats ainsi que la façon dont la communauté musulmane devait se conformer aux structures administratives et aux législations non-islamiques. De nombreux aspects de la vie régis par la religion relevaient petit à petit du domaine séculier. Cependant, l’élan pour réformer  la loi islamique et pour laïciser la société a émané de la communauté musulmane même, et non pas de l’extérieur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;En d’autres termes, on n’aboutit à rien par la seule pression extérieure ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omerika : On ne peut arriver à grand-chose sans un débat intra-musulman – d’autant plus en Europe où les communautés musulmanes sont très diverses. Celles-ci sont souvent en désaccord et communiquent très peu entre elles. La première condition pour résoudre les problèmes d’intégration dans les sociétés européennes, c’est le dialogue au sein même de la communauté musulmane dans son ensemble. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Quelle était la situation sous le régime communiste ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omerika : La laïcisation atteint son apogée sous le communisme [au début des années 1940]. Si dans les cercles musulmans, on en débattait déjà au début du 20e siècle, avec l’arrivée au pouvoir des communistes, le processus s’est imposé d’en haut tout en étant accompagné de mesures répressives à l’encontre de la communauté musulmane. La laïcisation s’est faite d’une façon qui n’est pas envisageable dans les démocraties d’aujourd’hui.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Cette laïcisation forcée a-t-elle conduit à un renouveau religieux?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omerika : A partir de la deuxième moitié des années 1960, il y eut une phase de libéralisation et une illusion de liberté religieuse, ce qui a mené à un renouveau religieux. Des mouvements tolérés et des réseaux officieux qui avaient continué d’exister clandestinement avaient désormais la possibilité de s’exprimer au sein de l’Etat communiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt; Est-ce qu’islam et nationalisme bosniaque vont de pair ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omerika : Depuis la guerre de Bosnie [qui a duré de 1992 à 1995], la communauté musulmane a toujours soutenu une forme de nationalisme politique dans laquelle l’identité nationale ethnique équivaut à l’identité religieuse et politique. Par conséquent, les alliances continuelles entre la communauté musulmane et les différents partis politiques bosniaques (ou musulmans bosniaques) en Bosnie et en Herzégovine sont de tendance nationaliste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui concerne les communautés musulmanes d’Europe occidentale, elles sont principalement constituées de musulmans qui ont émigré dans les années 1950. Depuis cette époque, l’Europe occidentale a vu sa population musulmane de développer et devenir d’une diversité sans précédent. Cette diversité n’est pas seulement ethnique mais aussi de nature théologique et comporte des barrières linguistiques, ethniques et doctrinales  qui font qu’on ne peut pas transposer les aspects de la communauté musulmane de Bosnie au reste de l’Europe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt; Et qu’en est-il des aspects théologiques ? Peuvent-ils servirent de modèles ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omerika : En Bosnie, l’ouverture du discours musulman est aussi ancienne que la communauté elle-même. Si les courants conservateurs existent, ils font néanmoins partie d’un débat continuel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réhabilitation de la Faculté des Etudes islamiques de Sarajevo en 1977 a constitué une étape décisive au sein de l’évolution de l’islam bosniaque. Des érudits islamiques tels qu’Enes Karic et Fikret Karcic, qui travaillent dans l’unique faculté musulmane d’Europe dans le cadre d’une université publique, ont développé des concepts révolutionnaires pour l’intégration de l’islam dans un Etat laïc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt; Est-ce qu’aujourd’hui le statut de l’islam pose un problème en Bosnie ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armina Omrika : Le Mufti Mustafa Ceric est un personnage particulièrement controversé. De nombreuses personnes l’accusent de se positionner comme acteur politique, outrepassant les limites de son rôle de chef religieux. On dit aussi qu’il mêle islam et politique et met en péril le caractère laïc de l’Etat. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, la presse bosniaque parle régulièrement du salafisme [mouvement conservateur sunnite d’Arabie saoudite] et des activités de ses missionnaires. En revanche, on n’entend jamais parler des chrétiens conservateurs qui viennent en missionnaires des Etats-Unis pour endoctriner la jeunesse musulmane, catholique ou orthodoxe. Les  mêmes remarques sont valables en ce qui concerne les liens étroits que l’Eglise serbe orthodoxe entretient avec les structures étatiques. Le débat à propos de l’islam et son rôle dans la société est devenu une sorte d’ersatz à tout débat à propos de religion en général.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Claudia Mende est une journaliste indépendante. Armina Omerika est professeur assistante à l’Université d’Erfut en Allemagne. Article abrégé, distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews),  avec l’autorisation de &lt;i&gt;Qantara&lt;/i&gt;. Texte disponible dans son intégralité  sur www.qantara.de. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Qantara.de, 12 février 2010, www.qantara.de&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Claudia Mende</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Le Cachemire est important  pour la paix dans la région</title>
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<description>Srinagar (Cachemire) - Mieux vaut tard que jamais. Une série de conférences et d&#039;engagements nous donne provisoirement l&#039;espoir que le conflit qui voit s&#039;affronter l&#039;Inde et le Pakistan depuis 62 ans touche à sa fin. Si ces efforts aboutissent, la situation nouvelle pourrait non seulement transformer les relations conflictuelles entre deux voisins dotés de l&#039;arme nucléaire, mais aussi apporter une contribution substantielle au règlement du conflit afghan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Cachemire est l&#039;enjeu d&#039;une querelle territoriale interminable entre le Pakistan et l&#039;Inde,  de plusieurs guerres, ainsi que d&#039;opérations militaires conduites en permanence par l&#039;Inde contre les militants séparatistes cachemiri. C&#039;est cette même rivalité, cette hostilité entre les deux pays, qui les fait agir à contresens en Afghanistan. Le Pakistan veut voir à Kaboul un régime favorable à Islamabad qui lui servirait de coussin stratégique contre l&#039;Inde. L&#039;Inde, de son côté, favorise un gouvernement pro-indien qui priverait le Pakistan de cet avantage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une solution de paix au Cachemire permettrait de réduire considérablement le déficit de confiance entre l&#039;Inde et le Pakistan et favoriserait sans doute la coopération sur l&#039;Afghanistan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis quelques mois, l&#039;Inde et le Pakistan se sont engagés dans un dialogue à huis-clos à Bangkok, autour de personnalités comme Aziz Khan, ancien ambassadeur du le Pakistan en Inde, et A. S. Dullat, ancien chef du renseignement extérieur de l&#039;Inde, Research et Analysis Wing (RAW). Dans le même temps, ce processus est alimenté en amont par des entretiens hors radar entre New Delhi et la All Parties Hurriyat [Freedom] Conference, coalition modérée du Cachemire, afin de résoudre les aspects spécifiques de l&#039;affrontement indo-pakistanais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoique les Etats-Unis ne les aient pas officiellement reconnus, ces efforts font désormais partie intégrante de la lettre de mission de Richard Holbrooke, le Représentant spécial des Etats-Unis pour l&#039;Afghanistan et le Pakistan. Mike Mullen lui-même, le Président du Comité des Chefs d&#039;état-major, reconnaissait d&#039;ailleurs ces jours derniers que les Etats-Unis serviraient leurs intérêts dans la région en favorisant toutes les mesures prises par “ces deux pays importants [Inde et Pakistan] pour relancer leurs entretiens directs en amont sur le Cachemire.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du côté de la société civile, plusieurs conférences sur le Cachemire organisées entre septembre et décembre 2009 ont réuni des intellectuels de premier plan, des personnalités politiques et des militants de la société civile des deux pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une de ces conférences, “Une feuille de route vers la paix”, qui s&#039;est tenue à New Delhi au mois de décembre, demandait la reprise du dialogue interrompu entre les deux pays. Auparavant, deux conférences s&#039;étaient tenues au mois d&#039;octobre, au Cachemire même, à Srinagar, et à Londres. L&#039;objectif d&#039;ensemble de ces initiatives est d&#039;aider l&#039;Inde et le Pakistan à concilier leurs différends et à s&#039;attaquer ensemble au terrorisme dans la région tout entière, de Kaboul au Cachemire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, ces efforts cumulés ont aidé ces deux pays à trouver la voie de la paix en Asie du Sud, mais il reste encore du chemin à faire. D&#039;autre part, si les gouvernements des deux protagonistes ne parviennent pas à traduire ces efforts diplomatiques en mesures concrètes, tout risque de se détricoter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prochain rendez-vous aura lieu au mois d&#039;avril lors du prochain sommet de l&#039;Association sud-asiatique pour la coopération régionale, ou ASACR, au Bhoutan. Et l&#039;Inde s&#039;est déjà déclarée prête à amorcer un dialogue formel au niveau des deux ministres des affaires étrangères, qui doivent se rencontrer avant la fin du mois. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs facteurs sont en jeu dans cet engagement renouvelé. Il y a d&#039;abord l&#039;aspect géopolitique et l&#039;omniprésente guerre d&#039;Afghanistan. Maintenant que les choses semblent se dénouer à Kaboul, où les talibans feraient désormais partie de la solution politique, l&#039;influence de l&#039;Inde sur ce pays déchiré par la guerre en reculera d&#039;autant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;ascendant du Pakistan s&#039;en trouvant automatiquement renforcé, l&#039;Inde, qui aura intérêt à sauvegarder sa position en Afghanistan et son rôle de partie prenante dans le processus de sécurisation de la région, voudra sans doute accélérer la normalisation de ses relations avec le Pakistan. Le Pakistan, de son côté, verrait d&#039;un bon œil une Inde amicale pérenniser la stabilité sur son flanc est. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;Inde et le Pakistan doivent non seulement s&#039;atteler à la solution de leur conflit sur le Cachemire, cette éternelle pomme de discorde, mais aussi travailler au rapprochement de leurs politiques et de leurs positions divergentes sur l&#039;Afghanistan. Alors que les enjeux montent à Kaboul, cette nouvelle tournée de contacts bilatéraux prend un relief tout particulier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Riyaz Wani, journaliste travaillant au Cachemire, collabore au quotidien de premier plan &lt;i&gt;The Indian Express&lt;/i&gt;. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 19 février 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Riyaz Wani</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Un atelier interconfessionnel favorise le rapprochement entre les Etats-Unis et l'Indonésie</title>
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<description>Djakarta - Du 25 au 27 janvier, l&#039;Indonésie et les Etats-Unis ont pris des mesures pour renforcer leurs liens socioculturels en organisant leur premier dialogue interreligieux à Djakarta. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une délégation américaine de 20 personnes comprenant des fonctionnaires, des évêques et des représentants de la société civile était présente. Côté indonésien, les 30 participants comprenaient des membres des deux principales organisations musulmanes du pays – Nahdlatul Ulama et Muhammadiyah - ainsi que des dirigeants chrétiens, bouddhistes et hindous et des théologiens des universités locales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zainal Abidin Bagir, chercheur musulman au Center for Religious and Cross-Cultural Studies de l&#039;Université Gadjah Mada de Yogyakarta – qui a envoyé des dizaines d&#039;étudiants à des cours de théologie aux Etats-Unis et en a elle-même reçu – a dit que cette rencontre avait eu l&#039;avantage, pour les participants indonésiens, de voir des Américains de près, et de mieux connaître les Etats-Unis et la politique qui vise à défendre les droits de sa minorité musulmane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Ces interactions entraîneront une meilleure compréhension. Les tenants de la ligne dure considèrent les Etats-Unis comme leur ennemi numéro un, dans la mesure où ils sont convaincus que ce pays prend à partie les musulmans du monde entier”, déclare M. Bagir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les participants à la conférence interconfessionnelle entre les Etats-Unis et l&#039;Indonésie se sont mis d&#039;accord sur quatre grands volets de collaboration – pauvreté, éducation, changement climatique et gouvernance. Toutefois, leur déclaration conjointe ne donne aucun détail sur les modalités de la coopération qui devrait se mettre en place après la conférence. Faute de s&#039;engager sur des initiatives concrètes, la conférence risque de ne produire que de bonnes paroles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cet ordre d&#039;idées, Jean Duff, Directrice Exécutive du Center for Interfaith Action on Global Poverty de Washington, a proposé que la déclaration constitue le point de départ d&#039;une meilleure communication entre les acteurs de la société civile des deux pays, et d&#039;une meilleure connaissance de l&#039;islam tel qu&#039;il se pratique en Indonésie et en Asie du Sud Est, pratique qui diffère considérablement de l&#039;islam du monde arabe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;Indonésie, dont la population musulmane est la plus importante au monde, est souvent considérée par les gouvernements occidentaux comme un modèle où la majorité musulmane peut coexister pacifiquement avec des habitants d&#039;autres religions. La constitution garantit les droits des minorités et le gouvernement ne façonne pas sa politique nationale en fonction de critères religieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour reprendre les termes d&#039;un participant, William F. Vendley, Secrétaire-général de Religions for Peace, organisation non-gouvernementale de New York, “Le gouvernement des Etats-Unis est extrêmement impressionné par l&#039;engagement pluraliste du gouvernement et du peuple de l&#039;Indonésie. Ils se félicitent de la diversité.... Ils voient en l&#039;Indonésie un modèle de société pluriconfessionnelle fonctionnant de façon harmonieuse et pacifique”. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;Indonésie est un des premiers pays à avoir favorisé un large dialogue interreligieux dans les enceintes internationales, y voyant le moyen d&#039;extirper un terrorisme inspiré par l&#039;ignorance et l&#039;absence d&#039;interactions constructives entre peuples de confessions différentes. Le gouvernement a lancé des dialogues interreligieux bilatéraux avec plusieurs pays, dont l&#039;Autriche, le Canada, le Royaume-Uni, l&#039;Italie, le Liban, les Pays-Bas, la Russie et le Vatican. Dans la région, l&#039;Indonésie a participé à des dialogues interreligieux organisés par l&#039;Organisation de la Conférence islamique (OCI) et la Réunion Asie-Europe (ASEM). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cadre de la rencontre, les participants se sont rendus dans un pensionnat musulman (i&gt;pesantren&lt;/i&gt;) – pour y voir comment vivent les étudiants. Ces écoles sont l&#039;objet de maintes idées fausses, elles sont souvent assimilées à des  pépinières de jeunes terroristes. Or ce n&#039;est pas le cas dans l&#039;écrasante majorité de ces établissements, qui, souvent, dispensent un enseignement qui permet aux élèves de se maintenir au niveau des écoles laïques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef de la délégation des Etats-Unis, Pradeep Ramamurthy, Directeur principal de Global Engagement au National Security Council de la Maison Blanche, a déclaré que Washington se félicite de pouvoir travailler en Indonésie avec les mouvements religieux qui ont la capacité de mobiliser et de prendre les mesures concrètes qui permettront de résoudre un grand nombre de problèmes. Les organisations confessionnelles de l&#039;Indonésie réalisent depuis longtemps des programmes visant à améliorer le mode de vie et le niveau de vie des collectivités les plus modestes.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les liens qui se sont noués à l&#039;occasion de cet atelier donneront peut-être l&#039;élan voulu pour que l&#039;opinion ne voie plus l&#039;Indonésie comme un repaire de bombes et d&#039;extrémistes, mais comme un partenaire des Etats-Unis, révélant le vrai visage de l&#039;islam dans ce pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Lilian Budianto est journaliste au &lt;i&gt;Jakarta Post&lt;/i&gt;, journal en langue anglaise de Djakarta. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l&#039;auteur et ne représentent pas celles du &lt;i&gt;Jakarta Post&lt;/i&gt;. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 19 février 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Lilian Budianto</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Pas de punition collective pour les Américains musulmans</title>
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<description>Washington – La récente découverte des tentatives de complots terroristes dirigées par des musulmans aux Etats-Unis a entraîné des accusations de radicalisation qui sont allées trop loin à l&#039;encontre de tout un groupe religieux. En conséquence, la pression monte autour des responsables américains musulmans pour qu&#039;ils s&#039;engagent dans une contre-radicalisation aux contours vaguement définis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais plutôt que de dépenser des moyens limités pour des programmes qui endossent la culpabilité collective, mieux vaut orienter les griefs existants vers l&#039;exercice de la dissidence protégée par la Constitution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n&#039;est pas judicieux de se focaliser sur la contre-radicalisation pour deux raisons. Premièrement, le discours actuel sur la radicalisation se rapproche dangereusement d&#039;une erreur plusieurs fois commise par le passé qui consiste à confondre la dissidence juridico-politique avec les activités illicites. Deuxièmement, il  n&#039;y a pas suffisamment d&#039;éléments prouvant une radicalisation illégale et systémique des Américains musulmans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart des gens s&#039;accordent à penser qu&#039;adopter la violence pour propager un programme politique est une méthode radicale et justifie une punition. Toutefois, dans une inquiétante période d&#039;amnésie, le discours public américain a ravivé le mauvais emploi du terme &#039;&#039;radical&#039;&#039; pour qualifier à la fois l&#039;activité criminelle et la contestation politique impopulaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne répétons pas les erreurs du passé. Pendant la &#039;&#039;Peur Rouge&#039;&#039; (Red Scare), qui a suivi la première guerre mondiale et le Maccarthisme dans les années 50, les immigrés et les minorités religieuses étaient les boucs-émissaires  révélateurs de la peur du communisme. Après avoir été étiquetés radicaux, nombreux ont été déportés et massivement emprisonnés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis les attentats terroristes du 11 septembre, la communauté américano-musulmane a fait l&#039;objet d&#039;une surveillance accrue de la part du gouvernement et de l&#039;opinion publique. Et à chaque fois que l&#039;activité terroriste de quelques individus est présumée, la méfiance collective envers plus de 6 millions de musulmans en Amérique s&#039;intensifie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prenez, par exemple, le cas du jeune Américain d&#039;origine somalienne qui, à l&#039;insu de ses parents, est retourné en Somalie pour prendre part à la guerre civile et combattre au nom d&#039;une organisation terroriste. Il ne s&#039;agit que d&#039;une vingtaine d&#039;individus sur près de 100&#039;000 Somaliens en Amérique. Néanmoins, les actes répréhensibles commis par une poignée d&#039;individus issus d&#039;une minorité religieuse ont amené certains responsables gouvernementaux et membres de la société à conclure à une radicalisation systémique des musulmans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En conséquence, les musulmans sont soumis à des contrôles accrus dans les aéroports et les mosquées. Certains pensent que leurs chefs religieux sont menacés d&#039;expulsion ou de manoeuvres coercitives en vertu de l&#039;application de la loi et, comme dans le cas de l&#039;imam Luqman Ameen Abdullah établi à Détroit, illégalement tués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup d&#039;Américains musulmans ont l&#039;impression d&#039;être traités comme la cinquième colonne, leur loyauté envers l&#039;Amérique étant mise en doute tout simplement parce que des actes répréhensibles ont été commis par une poignée de jeunes gens. Et leurs craintes sont fondées, au vu du dernier sondage Gallup dans lequel plus de 50% des Américains ont une opinion &#039;&#039;pas très favorable&#039;&#039; ou &#039;&#039;pas favorable du tout&#039;&#039;  de l&#039;islam.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un autre cas, sans rapport avec le précédent, cinq jeunes musulmans se sont envolés pour le Pakistan, là encore à l&#039;insu de leurs familles, pour  soi-disant rejoindre une organisation terroriste. Leur conduite a alimenté les accusations de radicalisation portées contre les musulmans d&#039;Amérique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans tenir compte de leur culpabilité ou de leur innocence, est-il juste d&#039;imputer leurs actes à six millions de personnes qui se trouvent être également musulmans?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr que non!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une telle punition collective sape le principe de base américain selon lequel les individus doivent être responsables de leurs propres actes et non des actes commis par d&#039;autres personnes du même groupe ethnique, racial ou religieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce principe a été défendu suite à la découverte de Unabomber et  l&#039;arrestation de Timothy McVeigh. Tous deux blancs, ces hommes n&#039;ont pas été d&#039;emblée suspectés d&#039;activité criminelle. Ainsi, conclure à la radicalisation systémique des musulmans sur la base d&#039;actes répréhensibles commis par une poignée d&#039;individus témoigne d&#039;une flagrante partialité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En outre, le fait de qualifier de radicales des personnes accusées d&#039;activités illégales, par opposition aux criminels, risque d&#039;entraîner une association abusive des points de vue politiques impopulaires et des activités illégales. Le premier amendement protège la dissidence, particulièrement la dissidence impopulaire. Etre radical n&#039;est pas illégal tant que la personne ne viole pas une loi en particulier (une doctrine vraiment américaine, actuellement défendue par le mouvement appelé avec justesse &#039;&#039; Tea Party&#039;&#039; qui est activement opposé au président Barack Obama). Bien que les Américains musulmans, qui critiquent la politique américaine quelles qu&#039;en soient les raisons (religieuses ou autres), soient aussi protégés que leurs compatriotes qui parlent sans détour, ils peuvent craindre de voir leur  dissidence être, à tort, interprétée comme le signe d&#039;une radicalisation contraire à la loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au lieu d&#039;annoncer, de façon irréfléchie, que la radicalisation est largement répandue et d&#039;exiger que des jeunes, qui n&#039;ont pas de lien direct avec ceux qui sont accusés de s&#039;engager dans le terrorisme, soient la cible d&#039;initiatives  découlant de la contre-radicalisation, nous devrions enseigner aux jeunes de toutes origines comment exprimer leurs divergences d&#039;opinion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#039;est une période difficile pour le peuple américain. Les Américains de tous genres sont déçus, voire privés du droit de vote, par leur gouvernement. Notre pays dépense des milliards de dollars pour financer les guerres en Afghanistan et en Irak. Le taux du chômage n&#039;a jamais été aussi élevé depuis des décennies, surtout chez les jeunes. Beaucoup d&#039;Américains, dont des musulmans, s&#039;opposent à notre engagement militaire à l&#039;étranger pour des motifs politiques et religieux; d&#039;autres s&#039;y opposent parce qu&#039;ils estiment qu&#039;il vaudrait mieux dépenser l&#039;argent dans notre économie et dans la création d&#039;emplois. Toutefois, contrairement à leurs compatriotes, il se peut que beaucoup d&#039;Américains musulmans ne se sentent pas libres d&#039;exprimer leurs griefs compte tenu des soupçons concernant leur radicalisation collective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En conséquence, les chefs de la communauté qui sont concernés par la supposée activité terroriste d&#039;une poignée de jeunes musulmans en Amérique devraient centrer leurs efforts sur la manière d&#039;enseigner aux jeunes comment convertir leurs griefs en dissidence légitime. Il faut les encourager à oser prendre la parole et à exprimer librement leurs opinions sur la guerre, l&#039;économie et autres sujets politiques. Il faut leur montrer  comment s&#039;organiser, protester, contacter les représentants élus et participer aux campagnes populaires conformément à la loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et une fois qu&#039;ils auront appris tout cela, le gouvernement ne devrait pas mal interpréter leur dissidence afin de ne pas créer une version XXIème siècle de la &#039;&#039;Peur Rouge&#039;&#039; (Red Scare).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;### &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Sahar Aziz (saziz@bordc.org) est avocate défenseur des droits civiques auprès du Bill of Rights Defense Committee à Washington. Article abrégé distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l&#039;accord de l&#039;auteur. Le texte est disponible dans son intégralité en anglais sur www.altmuslim.com.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: altmuslim, 10 février 2010, www.altmuslim.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Sahar Aziz</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Eliminer le manque de confiance dans le monde américano-musulman</title>
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<description>Karachi (Pakistan) – Réunis autour d&#039;une table avec des blogueurs  de Karachi, un soir de la semaine dernière, Farah Pandith, le Représentant spécial des Etats-Unis auprès des communautés musulmanes, a demandé  : &#039;&#039;Une personne ne peut-elle pas faire plus d&#039;une chose à la fois?&#039;&#039;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question a été soulevée pour contourner le fait que la plupart des conversations sur les relations de l&#039;Amérique avec les musulmans du monde entier sont prises en otage par des questions controversées qui  apparaissent dans le contexte de la prétendue &#039;&#039;guerre contre la terreur&#039;&#039;. Elle a essayé de faire remarquer que même lorsque les gouvernements se querellent au sujet des attaques de drones et des actions de la société militaire privée Blackwater, les Américains et les musulmans du monde entier peuvent commencer à s&#039;engager au niveau de la base.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;optimisme de Mme Pandith relatif aux relations entre les peuples qui renforceraient les liens entre les Etats-Unis et les communautés musulmanes du monde entier est une pierre angulaire de la politique étrangère du président américain Barack Obama. En effet, la position de Mme Pandith témoigne de l&#039;engagement du gouvernement américain à tendre la main au monde musulman. Elle est la première envoyée spéciale auprès des communautés musulmanes à avoir été nommée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, après la première année de mandat d&#039;Obama, les relations entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier restent tendues. Plusieurs raisons à cela: l&#039;accroissement des troupes en Afghanistan; la propagation d&#039;Al-Qaida au Yémen; les mesures de sécurité renforcées imposées par l&#039;agence nationale américaine de sécurité dans les transports (la Transportation Security Administration) pour les voyageurs pénétrant sur le territoire américain en provenance de nombreux pays majoritairement musulmans, etc...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur les campus, dans la rue et en ligne, les jeunes musulmans se plaignent de plus en plus du fait que Barack Obama parle beaucoup mais rechigne lorsqu&#039;il s&#039;agit de passer à l&#039;action. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#039;est là que Mme Pandith intervient. Lorsqu&#039;elle s&#039;est exprimée sur Dawn.com, elle a soutenu que les Américains et les musulmans pouvaient s&#039;entendre au-delà du cadre des questions sécuritaires et, plus important encore, qu&#039;ils pouvaient s&#039;engager entre eux plutôt qu&#039;à un niveau politique. Elle imagine un nombre croissant de collaborations entre Américains et musulmans dans les domaines de l&#039;éducation, des sciences et de la technologie et à travers des initiatives entrepreneuriales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Mme Pandith, les Etats-Unis peuvent aider à construire des réseaux de personnes de même avis à travers le monde musulman. « Le gouvernement américain peut agir en tant que convocateur, auxiliaire et partenaire intellectuel, dit-elle, et il peut contribuer à établir des partenariats sur la base d&#039;idées et d&#039;objectifs communs. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#039;&#039;Nous voulons mobiliser le peuple, de la base jusqu&#039;au sommet. Nous recommandons à nos ambassades d&#039;établir des relations profondes et étendues au sein des communautés.&#039;&#039;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;engagement de la base qui est l&#039;objectif de Mme Pandith repose fortement sur la maîtrise du pouvoir des médias sociaux pour traverser les frontières (géographiques, sociales et culturelles). C&#039;est pourquoi elle a rencontré des blogueurs lors de son voyage à Karachi. En s&#039;intéressant aux blogs et aux réseaux sociaux, Farah Pandith espère aussi mieux comprendre les besoins et les aspirations des différentes communautés musulmanes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle souligne la nécessité de comprendre la situation de chaque communauté musulmane prise séparément. Elle fait remarquer que depuis le 11 septembre 2001, des centaines d&#039;études visant à examiner la façon dont les musulmans pensent et à identifier ce qu&#039;ils veulent ont été réalisées et circulent aux Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#039;&#039;Mais quand avons-nous demandé aux musulmans eux-mêmes ce qu&#039;ils pensaient et ce qu&#039;ils voulaient?&#039;&#039; s&#039;interroge-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les médias sociaux sont la réponse à une meilleure compréhension, l&#039;esprit d&#039;entreprise, pour l&#039;administration Obama, est le moyen concret d&#039;établir des partenariats à long terme entre Américains et musulmans. Au printemps dernier, près de 150 chefs d&#039;entreprise issus des communautés musulmanes ont été invités à participer à un sommet présidentiel de deux jours sur l&#039;esprit d&#039;entreprise, à Washington. Le sommet est une première tentative visant à approfondir les liens entre les hommes d&#039;affaires et les entrepreneurs sociaux aux Etats-Unis et dans le monde musulman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, pour qu&#039;un véritable engagement prenne corps (en particulier, un engagement varié au niveau entrepreneurial sur le long terme), l&#039;administration Obama doit vaincre le manque de confiance existant actuellement dans les communautés musulmanes à l&#039;égard des Etats-Unis. Pour vraiment réussir, la vision de Mme Pandith, qui se résume en interactions et collaborations fréquentes entre les peuples, devra se dérouler dans un environnement où les Etats-Unis seront perçus comme une superpuissance qui respecte vraiment les musulmans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, la mobilisation de la base des communautés musulmanes devra également s&#039;accompagner de gestes grandioses de la part du sommet afin que les musulmans, notamment les jeunes, aient l&#039;assurance que l&#039;engagement est une priorité administrative et pas seulement un sujet de discussion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, au Caire l&#039;an dernier, Barack Obama a déclaré qu&#039;il rejetait « l&#039;opinion de certains en Occident selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est, d&#039;une façon ou d&#039;une autre, moins égale. » A l&#039;époque, le commentaire avait été interprété comme un refus implicite de l&#039;initiative lancée par le président français Nicolas Sarkozy d&#039;interdire en France la &lt;i&gt;burqa&lt;/i&gt;, vêtement qui couvre entièrement le corps de la femme, sa tête et son visage. Maintenant que l&#039;interdiction est sur le point d&#039;être appliquée, Obama ne se manifeste pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le gouvernement américain est tenu de respecter les décisions d&#039;un Etat souverain », explique Mme Pandith. C&#039;est sans doute vrai. Mais c&#039;est sur ce genre de questions épineuses que les communautés musulmanes souhaiteraient voir les Etats-Unis s&#039;engager. Après cela, l&#039;interaction entre peuples pourra tout simplement se développer de manière spontanée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;### &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Huma Yusuf est une journaliste indépendante basée à Karachi (Pakistan). Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l&#039;accord de l&#039;auteur. Le texte est disponible dans son intégralité en anglais sur www.dawn.com.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Dawn.com, 10 février 2010, www.dawn.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Huma Yusuf</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Qu’aurait fait Mahomet ?</title>
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<description>Washington – Omid Safi, universitaire et écrivain, est célèbre auprès de nombreux musulmans américains pour son engagement dans le mouvement des musulmans progressistes, qui puise dans la spiritualité de l’islam des arguments décisifs dans le sens de la justice sociale et du pluralisme. Dans son dernier livre, &lt;i&gt;Memories of Muhammad : Why the Prophet Matters &lt;/i&gt;,(Harper Collins), l’auteur scrute le personnage et le caractère du Prophète Mahomet- qui fut à l’origine de cette spiritualité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour  nous musulmans, ce livre est une invitation  rafraîchissante à retourner à nos racines spirituelles, éléments de la foi qui aujourd’hui semblent s’être perdus dans l’aspect social de l’islam  auquel nous sommes constamment confrontés. Pour les non-musulmans, l’explication qu’Omid Safi donne du rôle de Mahomet, qui sert de lien entre l’humanité et le Divin - dans la mesure où suivre son exemple vous rapproche de Dieu - aide à comprendre le lien qu’entretiennent les musulmans avec leur prophète. Cela aide aussi les non-musulmans à se sentir tout aussi dévots que les musulmans. A une époque où le Prophète est si profondément incompris, un tel sentiment de correspondance peut-il véritablement contribuer à panser les plaies interreligieuses?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce en quoi Omid Safi est ingénieux dans ce livre si opportun c’est sa façon de passer des éléments biographiques de la vie du Prophète à la manière dont les musulmans les ont interprétés et ensuite imités. Par exemple, le récit du voyages du prophète de la Mecque à Jérusalem, puis du voyage de Jérusalem vers les cieux pour rencontrer son créateur – considéré par certains comme un voyage physique qui se serait passé au cours d’une nuit et par d’autres comme un songe ou une vision – reflète d’abord le lien du prophète avec les messages de Jésus et de Moïse et ensuite son ultime communion avec le Divin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première partie du voyage suivie de la seconde où le prophète rencontre Adam, Jésus, Jean Baptiste, Joseph, Enoch, Aaron, Moïse et Abraham mettent en évidence les points communs des fois abrahamiques et le caractère sacré de chacune. Certains musulmans rejettent cette lecture de l’Ecriture sainte, choisissant de croire que le Coran est supérieur plutôt qu’il n’affirme les révélations qui l’ont précédé. Si les trois grandes religions monothéistes ne seront jamais d’accord sur certains points théologiques, il y a néanmoins assez d’éléments dans le Coran prouvant le lien essentiel qui existe entre islam, judaïsme et christianisme - sans oublier un large éventail de traditions spirituelles communes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Coran représente le Prophète comme le messager de toute l’humanité, insistant sur la notion de temps et sur le fait, encore une fois, que chaque prophète délivre le même message et qu’on ne doit pas en favoriser un plutôt que l’ autre. Le message du prophète consiste essentiellement à se soumettre spirituellement au Divin, appelant « musulman » (celui qui se soumet à Dieu) quiconque adhére à ces principes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien se comporter est dès lors un élément essentiel de la religiosité de chacun, la soumission à Dieu portant sur ce que l’on fait et de quelle façon on le fait. Etre musulman n’est à partir de là plus une identité mais plutôt une façon d’être et d’agir. La recherche de la Vérité consiste alors en un processus qui requiert un certain effort – c’est un processus ancrée dans la soumission à Dieu et qui peut notamment se traduire par l’action  pour la justice sociale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La biographie du Prophète élaborée par Omid Safi sert justement à cela – à reporter l’attention du lecteur sur la personne à travers laquelle le Coran a été révélé. Comme le dit l’écrivain, à juste titre, la perception qu&#039;ont les musulmans modernistes du rôle du Prophète est presque comme si celui-ci était un « livreur de courrier express, déposant la révélation divine du Coran sur le seuil de l’humanité, s’attardant peut-être suffisamment sur le palier pour obtenir une signature afin de s’assurer que la missive a été bien reçue par son destinataire, pour disparaître ensuite à jamais.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or ce qui s’est perdu chez ces modernistes, c’est la « tradition de la piété islamique, l’apprentissage et la pratique spirituelle » qui se sont développés autour des récits de la vie de Mahomet. Ce qui s’est également perdu, c’est le fait que la purification spirituelle ne se fait que si l’on met en pratique un message plus général du Prophète qui préconise l’action sociale. Le livre d’Omid Safi se plonge dans les épisodes de la vie de Mahomet pour les raviver et retrouver les traditions qui en découlent et leur invitation à choisir d&#039;embrasser l’islam grâce à un travail spirituel personnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chapitre final du livre se concentre très justement sur la question « Qu’aurait fait Mahomet ? » C’est une question qui projette le Prophète dans le temps présent, faisant de sa mémoire une mémoire vivante. Comme le dit Omid Safi, dans le contexte d’aujourd’hui, de nombreux musulmans sont obligés, face aux clichés et aux stéréotypes, d’expliquer ce que l’islam et son Prophète  « ne sont pas ». En revanche, cette question-là nous plonge directement au cœur du message de miséricorde du Prophète afin de savoir ce qu’est l’islam, ce qu’il a été, ce qu’il sera peut être et ce qu’il doit être. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Asma Uddin est rédactrice associée à Altmuslim.com et rédactrice en chef d’Altmuslimah. Article  distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews),  avec l’autorisation de l’auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: On Faith, 5 février 2010, newsweek.washingtonpost.com/onfaith&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Asma Uddin</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Aux Américains musulmans de prévenir l’extrémisme</title>
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<description>Jacksonville (Floride) – Dans un rapport publié dernièrement par l’Université de Duke et l’Université de Caroline du Nord, des chercheurs révèlent que le nombre d’Américains musulmans susceptibles de radicalisation est faible, mais pas négligeable. Depuis les événements de septembre 2001, ce sont 139 Américains musulmans au total qui ont été arrêtés pour faits de terrorisme, certains ont été condamnés, d’autres sont en attente de leur verdict. Si ce chiffre est bien modeste, au regard des quelque 7 millions de musulmans qui ont fait des Etats-Unis leur patrie, il n’en reste pas moins consternant: un seul terroriste est toujours un terroriste de trop. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en rappelant le danger que constitue la radicalisation de la jeunesse musulmane, le rapport des deux universités félicite la communauté islamo-américaine des mesures qu’elle a prises pour endiguer la radicalisation, y compris la dénonciation du terrorisme. Mais on pourrait faire plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’engagement dans le processus politique – exercice du droit de vote, exercice du droit de se présenter à une fonction élue et autres - serait une démarche utile pour étouffer dans l’oeuf la radicalisation de la vie publique. L’engagement politique, nous apprend le rapport, démontre aux musulmans du monde entier que « les griefs peuvent être résolus par des moyens pacifiques et démocratiques ». Autre évidence: au lieu de ramener leurs griefs à des problèmes islamocentriques, les musulmans auraient intérêt à les exprimer objectivement. Ainsi, plutôt que de se plaindre de la discrimination, ils devraient militer en faveur de la diversité sur les lieux de travail, afin que les entités politiques et les entreprises reflètent plus fidèlement la composition de la société. Des coalitions pourraient ainsi se construire sans distinction d’origine ethnique ou religieuse, ce qui permettrait de faire reculer les attitudes cyniques qui caractérisent trop souvent la société.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Par ailleurs, la communauté musulmano-américaine a déployé des efforts pour améliorer ses relations avec les forces de l’ordre. Elle doit continuer de le faire, en ajoutant à cette démarche l’organisation de réunions régulières avec les représentants de l’ordre,  auxquelles les jeunes seraient incités à participer. Car la communauté islamo-américaine s’inquiète, à juste titre, de l’utilisation faite par la police d’indicateurs et d’agent provocateurs. Mais cette inquiétude ne doit pas prendre le pas sur le choix de la participation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troisième piste: les chercheurs l’affirment, les Américains de confession musulmane qui ont bénéficié d’une éducation religieuse stricte et traditionnelle courent beaucoup moins le risque de verser dans le radicalisme. Mais le discours religieux qui a cours dans les centres islamiques américains est souvent trop ésotérique pour des jeunes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il devrait plutôt insister sur les vrais problèmes que pose la vie aux Etats-Unis, par exemple comment exploiter à plein sa liberté d’expression pour contrer les attaques rhétoriques contre l’islam. Les jeunes comprendraient ainsi que les remèdes à l’islamophobie ne passent pas forcément par une répression des libertés, à savoir l’adoption de lois anti-blasphème incohérentes, mais bien plutôt par la défense du droit d’offense, assorti, bien sûr, du droit de défense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;Building Bridges to Strengthen America&quot;, publication du Muslim Public Affairs Council, organisation de service public qui se consacre à la défense des droits civiques des Américains musulmans, affirme que le premier pas vers la radicalisation est le mécontentement économique et social qui risque de précipiter une crise personnelle. Cette crise d’identité pousse les gens à chercher des réponses – pour certains dans la religion. Si celui qui cherche des réponses se trouve, intentionnellement ou par hasard, en rapport avec les membres d’un mouvement extrémiste, quel qu’il soit, les risques de radicalisation en augmentent d’autant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le recrutement réussit parce que les jeunes concernés sont ignorants ou n’ont pas accès à une connaissance exacte de la religion. Pour entretenir cet état d’esprit, il faut aussi les isoler de la société musulmane ordinaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, les signes annonciateurs sont visibles bien avant que ne se produise un acte de violence. La radicalisation ne sort pas du vide. Les parents, les membres de la communauté peuvent être vigilants, à condition de savoir ce qu’il faut chercher. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une étude réalisée par le Clingendael Centre for  Strategic Studies aux Pays-Bas soutient que l’intégration sociale est un antidote à ces comportements inquiétants. Ils citent toute une série d’indicateurs témoignant d’un tropisme vers l’intégration plutôt que vers la radicalisation: se sentir accepté ou bienvenu dans la société; la satisfaction de pouvoir exercer ses droits citoyens; un sentiment de justice dans la sphère professionnelle; l’expression d’un sentiment de patriotisme; la fierté de l’identité nationale; l’attitude à l’égard des libertés et des droits de la personne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ces éléments, comme par exemple la structuration d’attitudes positives à l’égard de valeurs sociales comme les droits de la personne, sont tout à fait à portée des communautés et des familles. D’autres, comme la garantie que les Américains musulmans bénéficient d’un traitement juste et équitable dans l’emploi, sont des responsabilités qui doivent être partagées par la société au sens large du terme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Communiquer à la jeunesse musulmane un sentiment de fierté citoyenne et de responsabilité sociale, tel est le message qui doit se propager depuis la chaire du prédicateur à la mosquée jusqu’à la table familiale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Parvez Ahmed, Ph.D. (drparvezahmed.blogspot.com), Fulbright Scholar, Professeur associé de Finance à Université de Floride du Nord, est auteur de commentaires sur l’islam et l’expérience islamique aux Etats-Unis. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 12 février 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Parvez Ahmed</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Derrière le niqab</title>
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<description>Djedda (Arabie Saoudite) – L’Arabie Saoudite, pays incompris entre tous, n’est souvent perçu que par clichés interposés, surtout s’agissant des femmes! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En un sens, certaines représentations négatives des Saoudiennes sont peut-être justifiées. C’est vrai, nous sommes le seul pays qui ne permet pas aux femmes de conduire, même si le gouvernement a déclaré à maintes reprises qu’il ne s’opposerait pas à délivrer un permis de conduire à une femme. Les Saoudiennes sont aussi privées de nombreux autres droits pourtant accordés aux femmes en islam. Dans le système saoudien, ce sont des tuteurs mâles qui contrôlent pour les femmes toutes décisions en matière d’éducation, d’emploi, de voyage, de mariage, de divorce, de garde des enfants, de rapports avec la justice et de santé – en somme dans tous les aspects de leur existence. C’est un système qui relègue la moitié de sa population dans l’impuissance et la dépendance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout, certaines perceptions occidentales de la Saoudienne doivent être décortiquées objectivement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque les journalistes occidentaux se rendent en Arabie Saoudite, ils rencontrent des femmes de la bourgeoisie, instruites, professionnellement actives, épanouies, reconnues dans leur communauté. Ils leur posent toutes sortes de questions et reçoivent des réponses franches et transparentes. Mais, trop souvent, ces journalistes ne se renseignent que sur les banalités habituelles – hijab, niqab, ségrégation hommes/femmes dans la plupart des lieux publics et privés, sans parler de l’interdiction de conduire une voiture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ségrégation gêne les femmes dans leurs activités quotidiennes et leur carrière. Mais elle provient plutôt d’attitudes coutumières et traditionnelles, ainsi que de certaines interprétations autres que religieuses qui ont cours dans notre pays. L’observation de ces coutumes n’est donc ni stricte, ni généralisée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le hijab et niqab relèvent d’un problème social et religieux qui n’est pas propre à l’Arabie Saoudite. En islam, les femmes doivent s’habiller pudiquement, et chaque société musulmane a sa propre idée de ce que cela veut dire. A fortiori, comme l’Arabie Saoudite est le berceau de l’islam et des villes saintes que sont La Mecque et de Médine,  ses habitants ont naturellement tendance à se présenter pudiquement vêtus en public. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cet  aspect de la vie des Saoudiennes est souvent mal compris. Une de mes amies haut placée dans l’administration m’a raconté, furieuse, comment, après s’être entretenue pendant deux heures avec un journaliste sur les progrès réalisés par les Saoudiennes, leurs réussites, les obstacles, les défis, celui-ci a consacré l’essentiel de son papier au fait qu’elle s’était couvert les cheveux pour la photo. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque la photo d’une Saoudienne est publiée dans les médias occidentaux, c’est généralement avec le niqab noir, alors que de nombreuses femmes ne couvrent ni leur visage ni leurs cheveux et se laissent photographier sans voiler leur visage. En voulant insister sur une certaine image de la Saoudienne, les journalistes occidentaux ne s’attirent que la méfiance et le discrédit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre amie disait à un journaliste européen, ce qui compte, c’est ce que j’ai &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; ma tête, pas &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; la tête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Saoudiennes qui choisissent le hijab ou le niqab sont souvent des femmes qui travaillent, qui sont cultivées, intelligentes, et épanouies. Le foulard et le voile sur le visage ne nous empêchent pas d’atteindre nos buts et nos objectifs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas à l’aune de ce que je me mets ou ne me mets pas sur les cheveux qu’on doit me juger. Cela ne permet pas de me qualifier de traditionaliste ou de progressiste. Cela ne permet pas de dire si je suis opprimée ou libérée, car de nombreux facteurs interviennent dans ma décision de porter le hijab ou  le niqab.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, le droit de conduire une voiture est le symbole du manque de liberté des Saoudiennes. Mais, s’il faut parler de nos droits, il y a beaucoup plus grave. Tant que nous ne serons pas reconnues comme des adultes indépendantes, à égalité, dans la société, avec les hommes, nous continuerons à être marginalisées et discriminées de multiples façons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré les images perpétuées par la presse occidentale, nous avons fait un chemin considérable. En dépit de tous les obstacles, nos avancées sont bien réelles. Nous sommes à la tête d’entreprises multimilliardaires, nous sommes des scientifiques renommées, présidentes d’universités, PDG de banques, sous-secrétaires d’Etat, et directrice du Fonds des Nations Unies pour la population. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La presse occidentale ne doit pas réduire nos problèmes à notre habillement ou à notre possibilité de conduire une voiture. Nous gagnons du terrain, chaque jour. Comme pour toutes les femmes de la planète, la conquête de notre indépendance est un combat permanent. Un combat qui mérite d’être reconnu dans les médias et ailleurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Maha Akeel est une journaliste saoudienne. Article écrit pour  le Service de Presse de Common Ground (CGNews).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 12 février 2010, www.commongroundnews.org&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Maha Akeel</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>De la confiance pour restaurer la confiance</title>
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<description>Washington – Le projet de loi Kerry-Lugar bipartite, qui porte le nom des sénateurs John Kerry et Richard Lugar, prévoit un très vaste plan d&#039;aide économique, étalé sur plusieurs années, au peuple pakistanais. La majorité des Pakistanais se méfient des Etats-Unis car ils pensent que nous préférons les dictateurs militaires aux démocrates civils et que nous sommes prompts à abandonner les programmes d&#039;aide économique annoncés dès que nous avons atteint nos objectifs en matière de sécurité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La loi attaque de front le principal obstacle qui empêche le développement de meilleures relations entre les Etats-Unis et le Pakistan (le manque de confiance), en offrant aux civils une aide à long terme. Sans doute parce que la logique du projet de loi Kerry-Lugar semblait si évidente, Washington ne s&#039;était pas préparé à essuyer un torrent de critiques d&#039;origines diverses au Pakistan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;armée pakistanaise s&#039;est sentie offensée par le fait que le projet mette l&#039;accent sur le gouvernement civil qu&#039;elle considère comme un rival dans la lutte pour le pouvoir national. Les élites gouvernementales, quant à elles, ont ironisé sur la forte dépendance aux organisations à but non lucratif pour  distribuer l&#039;aide. Et le peuple a perdu espoir de pouvoir un jour bénéficier des fonds d&#039;aide après que des représentants gouvernementaux corrompus et des administrateurs d&#039;organisations non gouvernementales (ONG) tape-à-l&#039;oeil se soient servis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fonds d&#039;aide seront bientôt distribués. Toutefois, restaurer la confiance et aider le peuple pakistanais se révèlera contre-productif si nous ne revoyons pas l&#039;organisation de ce vaste programme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cadre de la réorganisation du programme d&#039;aide américain, il faut remédier à trois faiblesses majeures. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d&#039;abord, les Pakistanais attendent trop du nouveau programme d&#039;aide. Pour un paysan pakistanais, gagner un dollar par jour peut paraître beaucoup, mais 1,5 milliards de dollars par an est une goutte d&#039;eau dans l&#039;océan comparé aux besoins du Pakistan en matière de développement. Il est regrettable que beaucoup de Pakistanais misent sur le programme d&#039;aide américain pour remédier à toutes les insuffisances existantes dans le secteur social. L&#039;amère déception de la population semble inévitable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, notre approche au Pakistan et ailleurs n&#039;a, pour l&#039;essentiel, pas changé depuis les stratégies de programmes d&#039;aide transactionnelle de la Guerre froide où nous avons tenté de montrer notre supériorité aux Soviétiques en nous montrant généreux. Nous restons attachés à l&#039;idée erronée selon laquelle en construisant des écoles, nous développerons un sentiment pro-américain. Toutefois, sans une plus grande compréhension des conditions sociales et culturelles, les projets d&#039;aide auront peu de chances de changer les mentalités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, beaucoup de Pakistanais sont frappés par le fait que la méthodologie actuelle « made in America » pour concevoir, mettre en oeuvre et surveiller nos projets d&#039;aide est trop centrée sur les Etats-Unis; sans parler de dominatrice et de partiale en faveur des élites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute, la nouvelle approche que le ministère de l&#039;Education du président américain Barack Obama poursuit avec la « course au sommet » (Race to the Top) offre-t-elle un modèle utile pour la distribution des fonds Kerry-Lugar. Le ministre de l&#039;Education américain, Arne Duncan, fait miroiter 4,3 milliards de dollars de fonds  à tous les Etats des Etats-Unis, tous les districts scolaires ou toutes les communautés locales qui s&#039;engageraient dans une compétition aux idées novatrices susceptibles de répondre aux objectifs du programme tels qu&#039;une plus grande réussite des élèves. Notre vaste programme d&#039;aide nous donne l&#039;occasion de mettre les Pakistanais au défi d&#039;élaborer des programmes qui répondent à des valeurs que défendent à la fois les Etats-Unis et le Pakistan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucun programme d&#039;aide étranger ne peut remplacer un consensus pour une réforme nationale, mais il peut aider à soutenir ce consensus. Nos deux peuples tiennent à la règle de droit, à la sécurité communautaire, à un enseignement juste et à des systèmes de marché libre qui offrent des opportunités d&#039;emplois. Nous ne devrions pas nous permettre de dire au Pakistanais comment atteindre ces objectifs; en revanche, nous devrions encourager ceux qui s&#039;engagent à les atteindre sous forme de récompenses plutôt qu&#039;en leur imposant des conditions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première étape à un programme d&#039;aide retravaillé consisterait à  mener une campagne de communication au niveau national pour amener les Pakistanais à débattre des objectifs du programme Kerry-Lugar, des limites et des exigences qu&#039;il présente pour l&#039;opinion générale et de l&#039;investissement public qu&#039;il implique afin d&#039;en garantir le succès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une deuxième étape serait d&#039;ouvrir le processus à de nouveaux partenaires chargés de la mise en oeuvre en recueillant toutes les propositions. Nous souhaitons ouvrir le processus à tout groupe proposant de bonnes idées et capable de donner des résultats (au-delà des traditionnels ministères fédéraux et des plus grandes ONG). Une commission d&#039;experts pakistanais et américains évaluerait les propositions, et les projets seraient choisis selon les chances qu&#039;ils auraient de parvenir à atteindre un objectif déterminé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est à relever que l&#039;engagement du peuple pakistanais dans le programme d&#039;aide permettrait d&#039;atteindre des résultats qui répondraient directement à l&#039;intention originale du projet de loi Kerry-Lugar. Cet engagement  identifierait de nouveaux responsables en élargissant le processus au-delà  de l&#039;actuel cercle restreint des élites instruites et foncières. En permettant aux Pakistanais, qui connaissent leur situation et leur culture mieux que nous, de prendre part au processus, nous favoriserions des solutions culturellement appropriées et novatrices. Un processus plus ouvert garantirait l&#039;intéressement de la communauté. Enfin, cela élargirait les chances de répondre à l&#039;intention originale du projet de loi Kerry-Lugar qui consiste à faire naître une plus grande confiance en impliquant la population dans un processus si important pour son bien-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette approche est basée sur la folle supposition que pour instaurer la confiance il faut d&#039;abord faire suffisamment confiance aux Pakistanais pour leur permettre d&#039;élaborer et d&#039;exécuter un programme qui réponde à leurs propres intérêts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;### &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Wendy Chamberlin est présidente de l&#039;institut du Moyen-Orient et a servi comme ambassadeur des Etats-unis au Pakistan de 2001 à 2002. Les déclarations et les opinions contenues dans cet article n&#039;appartiennent qu&#039;à l&#039;auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l&#039;Institut du Moyen-orient qui ne prend précisément pas position sur la politique du Moyen-Orient. Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l&#039;autorisation de l&#039;Institut du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: McClatchy Tribune Services, 3 février 2010. www.mcclatchy.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Wendy J. Chamberlin</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Contester les paradigmes médiatiques de « L'Occident contre l'islam »</title>
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<description>Bristol (Angleterre) – Lors d&#039;une conférence internationale sur « L&#039;islam et les médias », organisée par le Center for Media, Religion and Culture à l&#039;Université du Colorado (à Boulder) en janvier dernier, beaucoup de participants, dont moi-même, ont étudié les stigmates négatifs attribués par les médias à l&#039;islam et aux musulmans, en particulier depuis le 11 septembre 2001 et les différents attentats terroristes organisés au nom de l&#039;islam par des extrémistes et des militants agissant en marge de la communauté musulmane traditionnelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son puissant livre, &lt;i&gt;Covering Islam&lt;/i&gt;,  publié en 1981, feu Edward W. Said , écrivain et théoricien de la littérature, a retenu l&#039;attention du public en décrivant comment les spécialistes et les médias avaient déterminé la façon de regarder l&#039;islam. Au coeur de l&#039;analyse d&#039;Edward W. Said se trouve l&#039;idée que les médias ont étroitement associé l&#039;islam et les musulmans au militantisme, au danger et au sentiment anti-occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1997, le Runnymede Trust, un groupe de réflexion établi au Royaume-Uni qui promeut une Grande-Bretagne multi-ethnique prospère, a repris la même idée dans « Islamophobie: Un défi pour nous tous ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;interprétation des événements survenus le 11 septembre 2001 a été faite selon une direction analogue. Lorsqu&#039;ils ont analysé ces événements, bon nombre d&#039;experts, d&#039;analystes, de journalistes et d&#039;hommes politiques ont cru que ce à quoi nous avions assisté lors des attentats du 11 septembre et de ses répercussions était un « choc des civilisations », autrement dit un combat entre la civilisation occidentale et la civilisation islamique ainsi que l&#039;avait annoncé, quelques années auparavant, le politologue Samuel P. Huntington.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours des trente dernières années, des études théoriques sur l&#039;islam et les musulmans publiés dans les médias se sont largement inspirées de   supports tels que les analyses de Said, la théorie du « choc des civilisations » de Huntington, l&#039;islamophobie ou le racisme culturel pour analyser les questions relatives à la représentation de l&#039;islam et des musulmans dans les médias. Ces supports ont encore une grande influence sur les études menées actuellement. En réalité, un bon nombre de papiers présentés lors de la dernière conférence sur « L&#039;islam et les médias » se basaient sur  fondements ces éléments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Naturellement, le recours à de tels supports détermine incontestablement l&#039;aboutissement de ces conclusions et analyses. Le problème, cependant, est qu&#039;au centre des approches susmentionnées figure une façon de pensée binaire qui place l&#039;Occident d&#039;un côté et l&#039;islam de l&#039;autre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi les médias sont-ils si obsédés par cette approche binaire? Le mode de pensée binaire soulève, à mon sens, deux problèmes:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, il ne permet pas de comprendre l&#039;aspect productif de l&#039;affrontement de peuples dont les origines culturelles et religieuses sont différentes. La société, qui devient de plus en plus complexe, ne peut pas être dépeinte simplement en noir et blanc. Après tout, la société n&#039;est pas statique. Elle a toujours été en mouvement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxièmement, l&#039;approche binaire, qui inclut l&#039;idée de « l&#039;Occident contre l&#039;islam » ou des civilisés contre les non-civilisés, s&#039;est développée à partir du principe selon lequel le discours médiatique a le pouvoir de contrôler les représentations sociales injustes d&#039;autres cultures ou religions. Ce principe suppose que les peuples sont en fait piégés, voire emprisonnés, dans une situation de choc absolu. En conséquence, l&#039;approche binaire est inadaptée pour les défis complexes auxquels une société multiculturelle est confrontée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, les nouvelles ne sont pas si mauvaises. Alors que nous entamons une nouvelle décennie, l&#039;exploration soutenue de la représentation culturelle et religieuse basée sur le dialogue offre plus d&#039;espoir aux  rencontres de peuples de culture et de religion différentes que ce qu&#039;il ressort actuellement dans les médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, les personnes de culture et de religion différentes sont naturellement des étrangers les unes pour les autres. Pour qu&#039;il soit possible de  reconnaître et de respecter l&#039;autre, il faudrait faire un geste courageux qui consiste à se tourner vers l&#039;autre et à permettre l&#039;assimilation de l&#039;inhabituel et de l&#039;inconnu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De cette façon, comme le souligne Zali Gurevitech, professeur d&#039;anthropologie à l&#039;Université hébraïque de Jérusalem, le caractère unique de chacun est reconnu et les différences acceptées sans heurts. Dans la société multiculturelle d&#039;aujourd&#039;hui, nous avancerions avec plus de confiance et d&#039;espoir si les études sur la représentation des cultures et des religions par les médias accordaient plus de place à l&#039;analyse fondée sur des approches axées sur le dialogue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;###&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;*Gabriel Faimau, titulaire d&#039;un doctorat et chercheur au sein du département de sociologie à l&#039;Université de Bristol au Royaume-Uni, s&#039;est focalisé sur la représentation de l&#039;islam et des musulmans dans les médias chrétiens britanniques. Article abrégé et distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l&#039;autorisation de l&#039;auteur. Le texte est disponible dans son intégralité en anglais sur www.thejakartapost.com.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Jakarta Post, 1er février 2010, www.thejakartapost.com&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Gabriel Faimau</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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<title>Une chanteuse nomade, entre la France et le Maroc</title>
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<description>Paris – Hindi Zahra est le nouveau visage d’une jeune génération de chanteuses et de compositrices nord-africaines, émancipées et cosmopolites. Son album &lt;i&gt;Handmade&lt;/i&gt; sort fin février. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Née à Khouribga dans le sud du Maroc, l’artiste se dit une nomade invétérée : « Dès ma tendre enfance, j’étais sur les routes avec mes parents, immergée au quotidien dans  la musique marocaine – des chants de femmes berbères et de Gnaouas [ordre soufi marocain] en passant par le rock. J’aimais aussi particulièrement la musique des Touareg, la musique égyptienne et celle de Bollywood. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Outre toutes ces différentes influences, ce qui a véritablement conditionné l’artiste, c’est la voix mélodieuse, omniprésente, de sa mère. Chez les Berbères, le chant a toujours été le domaine réservé des femmes et, dans chaque famille, il y a toujours au moins une femme qui chante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hindi Zahra explique, avec beaucoup d’émotion, que c’est grâce à ce vécu, qu’elle possède une grande dose d’assurance, féminine, « forte et profonde ». Ce n’est donc pas étonnant que toutes ses idoles soient des femmes, à savoir la chanteuse de jazz américaine Ella Fitzgerald, la grande diva égyptienne Oum Kalthoum et la Péruvienne Yma Sumac au timbre exotique et au registre extraordinaire de cinq octaves. « Ce sont toutes des divas de la tristesse » fait-elle remarquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’artiste marocaine est arrivée à Paris alors qu’elle débutait dans la chanson, avec la ferme volonté de se libérer des liens avec son pays natal pour découvrir de nouvelles cultures. Cela n’a pas été facile. Elle se souvient : « C’est dur pour tous [les immigrés] de s’installer dans un nouveau pays, particulièrement pour les jeunes. Mentalement, on peut s’adapter plus facilement au changement quand on est adulte. Pour les jeunes, le changement est trop pesant. S’adapter à la vie d’une grande ville a été très difficile pour moi. J’étais habituée à être sur les routes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vivant dans la communauté berbère, dans un pays doté d’une forte culture arabe et où l’on parle plutôt l’arabe que le berbère, Hindi Zahra avait toujours eu en grandissant le vague sentiment de vivre dans un « quelque part » un peu confus. Ce sentiment lui a en même temps permis de s’adapter à de nouveaux endroits – et même à la vie parisienne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a commencé sa vie sur les bords de la Seine comme choriste soul. « Mais ça me frustrait de travailler uniquement avec des musiciens occidentaux », se rappelle-t-elle. « En même temps, c’est là que j’ai pris conscience de la richesse que j’avais en moi. C’est ainsi que j’ai voulu transformer la culture musicale de mon pays, introduire différents instruments, surtout le piano et la guitare électrique, pour créer un mélange harmonieux d’instruments très différents. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’aboutissement du voyage de cette jeune femme dans sa découverte de soi peut être entendu sur l’album &lt;i&gt;Handmade&lt;/i&gt;, principalement acoustique, de blues berbère, avec des morceaux qui rappellent le trance  ou qui sont inspirés des sons jazz des années 1930 et 1940, chantés en anglais et en berbère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le magazine anglais &lt;i&gt;Wire&lt;/i&gt; décrit « Beautiful Tango » comme une des meilleures chansons de l’album, la comparant à un croisement entre  la musique du guitariste manouche Django Reinhardt et la voix de la chanteuse de jazz américaine Billie Holiday. « Je suis bien d’accord, » dit-elle en riant. « Le rythme est tout à fait basé sur les battements de mains berbères. Et le blues berbère est proche de  la musique des manouches français. Pas très étonnant, puisque ce sont deux  peuples nomades. Quant au vieux jazz, cela me fascine et m’influence depuis longtemps. Pour moi, les musiciens de jazz sont semblables à des marins voyageant vers l’inconnu. Moi aussi, je suis du voyage, par le biais de ma voix. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les onze chansons de l’album ont pour particularité  leur côté spontané et informel, certaines sont des miniatures intimes déstructurées, d’autres des hymnes à la nuit. L’artiste a aussi un faible pour le psychédélique : la chanson « Set Me Free » (libère-moi) par exemple, est censée dégager l’atmosphère d’une nuit dans le désert, où l’on regarde en silence les étoiles en plongeant dans la contemplation de la nature et  dans la méditation sur le sens de la vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Hindi Zahra, la guitare électrique peut vous emporter jusqu’aux étoiles. Certaines chansons ont des thèmes plus spécifiques. Par exemple,  « Oursoul » (mot berbère à consonance anglaise) est le titre d’une chanson qui explore délicatement le thème du mariage forcé – tradition culturelle, et non islamique - toujours en vigueur dans cette région du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Handmade&lt;/i&gt; a été enregistré dans un grand studio d’artiste dans le souci de préserver un caractère artisanal authentique. Après tout, les musiciens travaillent de leurs mains, la musique est donc bel et bien une forme d’artisanat pour Hindi Zahra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les arrangements musicaux et vocaux me viennent dans mes rêves», dit-elle très sérieusement. « Les mélodies viennent d’elles-mêmes, sans grand effort de ma part. Je travaille instinctivement, sans rien noter ». Pour son travail en studio, la chanteuse est constamment en déplacement. Que cela soit au Maroc, à Paris, à Bruxelles ou à Londres, elle reste une vraie nomade. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;###&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Stefan Franzen est un journaliste indépendant. Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews),  avec l’autorisation de &lt;i&gt;Qantara.de&lt;/i&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Qantara.de, 2 février 2010, www.qantara.de&lt;br /&gt;Reproduction autorisée.</description>
<dc:creator>par Stefan Franzen</dc:creator>
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<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 00:00:00 -0500</pubDate>
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